Interviews sexy

Au coeur d’une relation SM (2/2) : le Maître

Celine Messine et la cravache de son Maître

« 50 Nuances de Grey » est sur toutes les lèvres, peut-être même qu’il alimente certains de vos fantasmes. Mais qu’est-ce vraiment une relation SM ? J’ai interviewé un couple sadomasochiste pour en savoir plus. Aujourd’hui, portrait de Maître G.

Maître G, c’est cet homme qu’on ne connaît pas, mais qui est très présent dans l’imaginaire des lecteurs avertis de Sa soumise et blogueuse, Céline Messine. Pour la première fois et en exclu, il accepte de s’exprimer sur son rôle de Maître SM.

Bonjour Maître G, selon vous, quelles sont les qualités d’un bon Maître SM ?

Selon moi, il faut tout d’abord de l’expérience, car il faut savoir garder son calme, ne pas se laisser déborder par ses excitations. C’est important de rester serein. Il faut également faire preuve de psychologie et avoir le sens de l’analyse. Enfin, il ne faut surtout pas penser uniquement à soi-même, car l’objectif est de développer la personne soumise. L’intérêt de la soumise doit donc passer avant celui du Maître.

Qu’entendez-vous par “développer la personne soumise” ?

Je crois qu’on restreint trop souvent les rapports BDSM (BDSM signifie : Bondage/Discipline (BD), Domination/Soumission (DS), SadoMasochisme (SM)) à des rapports purement sexuels. Le rapport D/S va au-delà du sexe. Il y a pour moi un but d’élévation. Cela peut être aussi social, professionnel, un encadrement de vie. Je pense que les jeunes femmes soumises recherchent du développement, du soutien, retrouver une confiance en elles. Pour les hommes soumis, je ne sais pas. Je me sens mal placé pour en parler, mais j’ai le sentiment qu’ils cherchent d’autre choses, je me trompe peut-être…

En tout cas, on ne commence pas à être maître en baissant son pantalon et on ne termine pas en le remontant. Il y a pour moi presque un rôle de Pygmalion (Pygmalion est dans la mythologie grecque, un artiste qui tombe amoureux si fort de la statue qu’il a sculpté, que la déesse Aphrodite lui donne vie, NDLR). Un Maître par essence est là pour élever l’autre, l’éduquer. C’est aussi de la voir grandir qui m’intéresse. Ce n’est peut-être pas l’envie de tout le monde mais je fonctionne comme cela avec Céline, c’est son évolution en tant que soumise mais aussi en tant que femme qui me nourrit.

Les accessoires, indispensables pour un Maître ?

Il est forcément difficile d’attacher quelqu’un sans cordes. Si on veut absolument titiller des parties du corps de manière gentiment douloureuses, on est également obligé d’avoir par exemple une cravache à languettes de cuir fine, une badine… et de savoir s’en servir. Pour faire découvrir la sensation de cire de bougie, il vaut mieux avoir une bougie etc… donc oui certains accessoires sont essentiels au Maître, à la pratique du SM.

mains cordées bondage

Comment avez-vous découvert que vous étiez dominateur ?

Un jour, j’ai acheté un livre de Sade. Comme j’ai un côté un peu sombre « dark » ou rebelle, je me suis retrouvé dans cette écriture à contre-courant et je pense que cela a posé les premières pierres de mon orientation.

Cependant, mon orientation en tant que Maître n’est pas venue d’un coup telle une révélation ! J’ai toujours un peu mené la danse sexuellement, j’ai toujours été dominant et c’est dans un schéma de développement sexuel “classique” que c’est venu petit à petit : c’est ma quête de désirs et de jouissance de plus en plus poussés, mes lectures et expériences qui m’ont mené vers mon rôle de Maître. Je pense qu’on ne devient pas Maître SM du jour au lendemain.

Comment un dominateur sait ce qui plaira à sa soumise ?

C’est une question de temps, de degré de connaissance de la personne, d’expérience. Avec Céline, nous sommes dans une configuration D/s depuis 11 ans (pour lire l’interview de Céline, c’est ici), donc je la connais déjà très bien.

Il faut toujours se concentrer sur Sa soumise dans un premier temps et qu’elle soit en confiance. Comme dans tout couple, apprendre à connaître l’autre est essentiel. Si une personne a pour seul but sa satisfaction personnelle, cela mène forcément à des destructions. Ceux qui utilisent le bdsm pour leur propre plaisir à eux, sans considération de l’autre sont destructeurs.

Quand on connaît l’autre, on sait où se situent les limites infranchissables et celles qui sont possibles à dépasser. C’est ensuite au dominant de construire le scénario idéal qui amènera la soumise à dépasser la limite acceptable. Toutes les soumises ou futur soumises n’ont pas les mêmes limites ou les mêmes degrés d’acceptation. Une limite « simple » pour une femme sera peut être très compliquée à dépasser pour une autre. Une fois qu’une limite tombe et qu’elle est totalement acceptée, on sait que d’autres vont tomber.

En parlant de limites, on mentionne souvent la notion de “contrat” dans les relations SM. Estimez-vous qu’il soit nécessaire de signer un contrat pour déterminer ces limites ?

Dans notre relation, nous n’en avons pas. Cela fait partie d’un folklore BDSM un peu obsolète à mon sens. C’est prétendre qu’il y a des règles « universelles » dictées dans le bdsm. Pour moi, le bdsm est libertaire, et contrat et libertaire ne vont pas ensemble. De plus, j’ai la sensation que ce terme est de plus en plus utilisé à mauvais escient. Mieux qu’un contrat, il faut surtout discuter et respecter l’autre à mon sens. Personnellement, je n’en ai pas besoin, car je connais bien Céline. Nous n’avons pas de limites entre nous. Notre contrat est moral, cependant je conviens qu’un contrat écrit puisse être utile à certaines personnes. Il ne faut pas cependant que ce contrat se retourne contre la personne qui le signerait et qui y apporterait un peu trop d’importance. C’est une arme à double tranchant.

L’amour est-il compatible avec une relation SM ?

Oui tout à fait (silence)… Je dois admettre que je suis plus pudique sur l’exposition de mes sentiments que sur ma sexualité. Le problème avec la langue française, c’est que nous n’avons qu’un seul verbe aimer. On dit qu’on aime les pâtes, le football, ses enfants, son copain…Alors qu’on “aime” tout cela de manière différente, mais la langue ne le distingue pas.

Les sentiments entre maître et soumise sont forts, mais ne sont pas comparables avec d’autres sentiments. Dans une telle relation, on découvre de nouveaux sentiments. C’est un amour difficile à décrire. Je crois que c’est aussi une manière de s’aimer soi-même à travers le regard de l’autre. Que l’on soit Maître ou soumise.

Certaines personnes sont purement sadiques ou purement masochistes. : Ces deux profils peuvent ne pas s’aimer du tout, car ils sont uniquement l’instrument de plaisir de l’autre mais dans ce cas ce n’est qu’une expression sexuelle. Le sentiment d’amour en revanche, corrélé au sentiment d’appartenance est à mon sens forcément présent dans une relation DS construite, longue et stable.

On dit qu’une soumise s’offre à son Maître. Diriez-vous que l’inverse est aussi vrai ?

Je dirais que la soumise se donne et que le Maître donne. Il y a un côté sacrificiel chez la soumise par rapport au Maître et l’on pourrait croire que c’est « facile » pour le Maître d’être dans cette position. Mais, ce n’est pas si simple d’être un Maître, car il faut justement rester maître de la situation, avoir conscience de l’abandon offert et savoir délimiter ce que l’on peut en faire. Garder sa crédibilité sans perdre sa sensibilité. Il m’est arrivé d’être moins bien certains jours et d’en faire part à Céline, et elle était là pour moi. Si je suis à 90% du temps sa béquille, elle sait aussi être la mienne.

Et l’image du SM dans “50 Nuances de Grey”, qu’en pensez-vous ?

 Cette histoire est bourrée de clichés et peu intéressante. Si on s’arrête sur Christian Grey : on nous raconte qu’il est devenu sadique à cause de ses traumatismes d’enfance. Ça sous-entend par exemple qu’un sadique est forcément un traumatisé. Personnellement, j’ai eu une enfance heureuse, bien que je sois Maître aujourd’hui. Je pense qu’il faut en tout cas faire attention à l’amalgame. Il faut que les femmes fassent bien la différence entre une fiction et la réalité. Le blog de Céline peut choquer parfois, car elle raconte justement une réalité, qui n’est pas forcément aussi tendre qu’un roman à l’eau-de-rose…

Une fois qu’on a découvert cette part de soi, peut-on vivre une sexualité différente ?

J’ai bien sûr des rapports dits “classiques”. Tous mes rapports sexuels ne sont pas DS. Mais, c’est vrai qu’une fois que la boîte de Pandore a été ouverte (et dans mon cas, il y a longtemps…) il est difficile d’imaginer sa sexualité sans DS. Je ne pourrais plus me satisfaire uniquement d’une sexualité “classique”, être Maître fait aujourd’hui partie intégrante de moi-même.

 Pour lire l’interview de sa soumise, Céline Messine, cliquez ici

LadyShagass
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

7 commentaires

  1. je pense que les jeux D/S peuvent être un plus dans une relation d’amour classique.
    Par contre une relation uniquement D/S ou S/M pour moi c’est malsain.
    J’ai rencontré quelques dominants au hasard ds la vie et c’était tous des pervers narcissiques et pervers sexuels .
    Tous des sadiques vous êtes pour eux des objets sexuels des jouets.
    Très vite des demandes,des réflexions,des comportements machos,auto centrée sur leurs désirs leurs pulsions sexuelles.
    Vous n’existez pas vos envies vos désirs ils s’en fichent qu’importe le flacon pourvu qu’ils ont l’ivresse .
    Ils se prennent pour des dieux du sexe alors que ds la réalité ils ont un stéréotype de sexualité uniquement de films pornos et vidéos D/S et S /M .
    L’érotique,le sensuel,le tendre,le doux,l’amour,la passion,l’échange et le partage ils savent même pas ce que sait .
    Ils sont crus,méprisants,arrogants,manipulateurs …De vrais malades.
    Je suis pas restée longtemps avec ces hommes par contre je peux vous dire que vous vous sentez avec ces hommes moches non désirables nulles transparentes mortes et ils laissent des traces de mal être de degouts…
    Alors qu’on dit de moi que je suis belle ,sensuelle,sexy,souriante…
    Bref faut arrêter de penser que nous les femmes on veut réaliser nos fantasmes morbides ou qu’on recherche un acteur de films X.
    On recherche un homme un vrai un humain qui aime faire l”amour à une femme .
    Pas un malade qui croit qu’une femme est une star du X ou une prostituée on est pas des poupées gonflables !!!
    Et oui jeux D/S pour mettre du piment c’est un plus si on peut se retrouver ensuite ds les bras l”un de l’autre à se dire des mots doux.
    Mais avoir un sadique qui nous domines,nous contrôles,nous manipulent ,nous diriges dans la relation .
    J’appelle pas cela une relation mais une emprise avec un sadique et une proie.
    Et je rappelle qu’un sadique jouis de la souffrance qu’il procure à l’autre ou et qu’il observe.
    Sa jouissance sa puissance il obtient en soumettant , dominant et contrôlant totalement son partenaire psychologique ment et sexuellement .
    Donc le sadique est sensible pr l’autre c’est un scandale !!!
    Par contre ils sont très sensibles et très humains mais uniquement pour eux .Ils n’ont aucunnes empathies pour autrui !
    D’ailleurs dire qu’on aime différemment les pattes le foot l’ami…
    Comment peut on comparer de la nourriture un loisir avec un ami ou une femme une compagne ????
    C’est incomparable !!!
    Aimer un ami ça veut dire être attaché à cette personne c’est au delà du sexuel du visible de la nourriture du jeux c’est en nous c’est profond c’est fort c’est intense c’est unique c’est incomparable avec des objets ou d’autres personnes cela s’appelle de l’amour !!!
    Et ya ps de maîtres sur terre Uniquement des hommes et des femmes tous mortels.
    De penser que vous êtes un maître me prouve que vous vivez ds un délire de toute puissance et pas confiance ni en vous et ni confiance en l’autre et en la vie !!!

    1. Votre commentaire est aberrant d’étroitesse d’esprit. Les gens que vous décrivez avoir rencontrés étaient de faux maîtres, des imposteurs. Je trouve cela fort regrettable de critiquer une situation qu’on ne connaît peut être pas. Mon Maître est mon mari, mon ami, mon amant, mon guide. Et il m’aime et me respecte. Notre relation est un choix, pour lui comme pour moi. De penser que parce qu’une pratique ne vous convient pas elle est malsaine est réducteur, pardonnez moi le mot. Il serait, je pense, de meilleur ton d’exprimer votre avis sans dénigrer ce que font les autres. D’autre part, vous parlez beaucoup de l’homme, mais quid du plaisir de la femme dans toute votre argumentation? Car oui, le plaisir est partagé dans une relation BDSM. Quid encore, des relations Maîtresse/soumis (et oui, les relations BDSM existent sous toutes les formes!)
      Vous semblez vouloir vous présenter en juge de la bien pensance “pas de maîtres sur terre” “on cherche un homme…”
      Permettez moi de vous contredire et de vous dire que ce que vous cherchez n’est pas forcément ce que le/la voisin(e) recherche..!
      Je terminerais mon commentaire en citant l’Abbé de Choisy dans ‘l’Histoire de la Marquise-Marquis de Banneville’ ” Ne jurez de rien (…) et ne trouvez jamais à redire à ce que font les autres”
      A vous de méditez sur ces sages paroles..!
      Bien à vous

  2. magnifique témoignage, et un plaisir à le lire, je vais aller voir le blog, je suis en recherche d’un Maître mais je tombe tjr sur des soi-disant Maître comme moi je suis boulangère!!

  3. Voilà un point de vue que je partage entièrement. On naît Dominant, on apprend à se maîtriser pour devenir Maître D/s.

    Au final dans une relation D/s, n’est pas le Maître, celui que l’on croît, puisque le “Maître” rend service à la soumise en lui révélant ses limites et aussi ses besoins et envies inconscients.
    La relation est avant tout psychologique, le dialogue primordial et les actes sexuels ne sont que la partie visible de l’iceberg.

  4. Témoignage très intéressant.
    Ces relations m’ont toujours laissées perplexe : en jeu ponctuel j’aime beaucoup, mais je serais incapable de tenir “un rôle” au quotidien.

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