femmes_porno_masturbation

Pourquoi j’aime mater du porno

Ma relation avec le porno a commencé il y a 15 ans. Je ne me doutais pas que ce serait une histoire longue durée, ni une histoire tout court. Je crois, aussi loin que je m’en souvienne, que je n’ai jamais été choquée ou dégoûtée par le porno. Mon rapport au porno s’est toujours plutôt situé dans la fascination à vrai dire. Et bien sûr, l’excitation. J’appartiens à cette génération Youporn, Xhamster, Redtube, Xxxbunker… et j’adore ça !

Coup de foudre à Pornoland !

Ma découverte de la sexualité n’a pas exactement commencé avec les films pornos en fait. Plutôt avec la soeur jumelle du porno, les films érotiques. Dédicace à M6 et RTL9, qui ont délicieuseument perverti mes nuits du samedi et dimanche soir ! J’avais pas encore 13 ans et c’est devant ces corps nus, où la pénétration était toujours suggérée, mais jamais montrée crûment que j’ai senti s’éveiller mon désir charnel et sexuel. C’est en découvrant ces images, que j’ai eu pour la première fois envie de partir à la découverte de l’exploration de mon propre corps. J’ai vite compris que la masturbation devait être un acte intime, mais je n’ai jamais pensé que c’était un acte honteux, ni réservé exclusivement aux garçons. Comme je le dis dans mon article “Masturbation : un nom féminin accordé au masculin“, la masturbation a toujours été pour moi une relation intime à soi qui permet de se découvrir, se sentir, se connaître sexuellement, quel que soit son sexe. Et de se donner du plaisir !

Après les films érotiques, j’ai découvert un peu par hasard une BD hentai (manga à caractère pornographique) qui traînait par là. Le retour de la fascination. Cette fois la fascination face au dessin pornographique. Il n’y avait plus de suggestion, je voyais des gros phallus, des pénétrations, du sperme… bref la totale. Au revoir les films érotiques, mon esprit avait envie de voir du hard.

Plus tard, me voici donc devant mon premier film porno, j’ai 15 ans. Une cassette VHS traîne à la maison, intriguée, je regarde. Après cela, j’ai voulu en voir plus, et plus j’en voyais, plus j’aimais en regarder. Mon PC de l’époque est vite devenu mon meilleur ami nocturne, clairement ! J’ai réalisé que mes caresses solitaires avaient besoin de cette imagerie pornographique, pour développer mon plaisir masturbatoire. C’est devenu une sorte d’addiction. Je sais aujourd’hui que le porno m’a été utile pour prendre conscience de mes fantasmes et les développer, utile pour m’aider à partir à la découverte de mon corps qui me semblait être une armure intouchable, utile pour libérer mes hormones et les écouter.

Le porno : Pygmalion de mes fantasmes ! 

Je déplore toutefois que le gros de l’industrie s’intéresse encore trop peu au regard des femmes. Les actrices porno étant privilégiées à l’écran VS les hommes, on se retrouve nous aussi finalement à s’exciter sur les actrices, en plus d’un processus quasi inévitable d’identification. Je n’ai pas encore essayé de regarder un film porno réalisé par une femme, ou “porno féminin”, il faudrait que je parte à la découverte de ce porno pour me faire mon propre avis. Voir s’il correspond  plus en effet à mon regard féminin… Car au final, mon regard s’est habitué à ce porno dominant pensé d’abord pour les hommes. Je suis partagée entre la pensée négative de me dire que mes fantasmes sont influencés par une imagerie sexiste masculine et la pensée positive de me dire que nous les femmes avons des désirs sexuels similaires aux hommes et qu’il faudrait cesser de croire qu’on ne rêve que de fleurs et de bisous tendres. Je remarque par ailleurs qu’avec le temps mes goûts pornographiques évoluent. Sûrement un lien avec l’évolution de ma propre sexualité. Qui de l’oeuf ou de la poule, je ne sais pas. Le porno alimente mes fantasmes et ma sexualité, qui eux-mêmes influencent mes fantasmes pornographiques.

Avec tous les sites gratuits qui existent aujourd’hui (“les tubes”) la tentation est omniprésente. Et grâce aux meilleurs alliés de nos mains, les smartphones, c’est devenu tellement simple de se mater son petit porn rapido sous la couette ! Une bonne connexion, une main libre, et c’est parti pour se faire kiffer… gratuitement. C’est beau la génération Y(ouporn) ! 🙂

Grace-Jones-plaisir-gif-desculottees

Ce que j’aime dans le porno, c’est que l’espace d’un moment, tu entres dans un univers visuel complètement pervers, excitant et sans tabous. Le seul tabou est la limite du tag que tu choisis pour te masturber. Sur un site porno, personne ne te juge sur tes fantasmes même les plus déglingués. Tu t’évades complètement dans un monde fantasmagorique qui t’appartient et dans lequel le seul but est ton plaisir sexuel égoïste. Pour moi le porno est indissociable de la masturbation. Impossible de mettre une vidéo porno sans automatiquement vouloir me toucher. C’est presque pavlovien. J’aime cette connexion avec mon corps pendant que mon cerveau se nourrit d’images excitantes. Alors oui, la sexualité du quotidien ne ressemble pas à un film porno fort heureusement (quoique parfois…) et il ne faut pas se laisser enfermer dans cette vision du sexe. Le porno demande de prendre de la distance avec ce qu’on voit, de le prendre tel qu’il est : un simple exutoire masturbatoire.

Ma liberté de porner !

Si je vous parle de cela, ce n’est pas tant pour vous parler de moi, mais parce que mater du porno reste dans l'(in)conscient collectif comme une activité essentiellement masculine, alors que c’est faux. Une étude IFOP mandatée par Dorcel en 2009 faisait état de 79% des femmes qui affirmaient avoir déjà regardé du porno en solo. Le mouvement féministe pro-sexe a invité les femmes à se libérer de leurs complexes, à être actives et autonomes dans leur sexualité et a proposé de créer un nouveau porno mis en scène par les femmes et pour les femmes. Une des figures connues de ce mouvement en France est la réalisatrice, écrivaine, productrice française et ex-actrice porno Ovidie. Elle vient d’ailleurs de réaliser un documentaire très intéressant sur les femmes qui ont grandi avec Internet et leur rapport au sexe “A quoi rêvent les jeunes filles”, que je vous invite grandement à regarder en entier. Oui, je regarde du porno, les femmes peuvent regarder du porno et le font ! S’il devait y avoir un cri de guerre, il serait “Girls Watch Porn Too” comme le disait si bien la vidéo ci-dessous (en anglais) :

Je ne cherche pas bien sûr à exhorter toutes les femmes à mater du porno, loin de là. Chacune est libre d’en regarder ou non. Et c’est justement ça le point : nous sommes LIBRES de regarder du porno ou non, LIBRES de nous masturber ou non devant ces images, LIBRES d’avoir notre propre rapport à notre corps. Et moi, le porno m’a aidé finalement à aller à la découverte intime, physique, sensible de mon corps. Peut-être m’a-t-il donné une représentation du sexe et du corps un peu trop formatée aussi : fellation, sodomie, cunnilingus, plan à trois… tous ces mots sont des actes devenus si banals à mes yeux… Et en même temps, dans un univers bourré de tags sexuels de type “bukkake” “creampie” “cumshot” ou “anal fist”, l’échelle de valeur de ce qui est choquant ou normal a tendance à se déplacer !

Aimer le porno et être une femme n’est pas incompatible. Ce n’est pas une tare, ni par ailleurs une fierté à mes yeux. Le faire, c’est juste satisfaire une pulsion de masturbation, tout comme les hommes. Et putain… c’est fou ce que ça me fait du bien parfois !

 

8 réflexions sur “Pourquoi j’aime mater du porno

  1. Salut je suis également passionnée par le porno, et j’aimerai en parler avec quelqu’un qui me comprends. Peut-on parler par email ? Cordialement Camille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *