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Club clitoris : l’Instagram qui te décoince de la vulve

club clitoris instagram

Club Clitoris, c’est LE compte Instagram à suivre pour réaliser une chose : toutes les femmes ont des vulves différentes et toutes les vulves sont imparfaitement belles ! Meredith White dessine des vulves de toutes formes, de toutes apparences, pour nous décomplexer du minou et c’est génial. Ca ne peut pas nous faire de mal, bien au contraire. 

Club Clitoris : des standards à la réalité

L’humain a du mal à s’empêcher de vouloir plaire au regard d’autrui, comme s’il regardait son reflet dans le miroir. Si autrui nous dit que notre corps devrait ressembler à çi ou ça pour être beau, alors nous faisons tout pour faire en sorte que notre corps y ressemble. Et tant que l’image qui nous est renvoyée de nous ne correspond pas à ce qu’autrui souhaite, on devient insatisfait, voire on finit par se détester. Cela est valable pour nombre de domaines de notre vie et c’est par exemple le cas avec notre vulve. Avant toute chose, rappelons-nous ce qu’est la vulve sur le corps féminin avec cette définition Wikipédia : la vulve (du latin volva, puis de vulva, « utérus ») est l’ensemble des organes génitaux externes de la femme et de certaines femelles de mammifères, constitué principalement des grandes et des petites lèvres enserrant l’entrée du vagin, la partie externe du clitoris et le méat urinaire.

Cette partie de notre corps de femme, nous devons nous l’approprier et sortir de la honte. Sortir de la honte, car il est très facile de s’auto-persuader que notre vulve est moche, inesthétique et anormale si on se laisse influencer par autrui. Derrière le mot autrui, je vise ici les films pornographiques dans un premier temps et la publicité dans un second temps. Tout d’abord, il y a inévitablement la question des poils ! Publiquement, les femmes n’ont aucun poil nulle part. Que ce soit dans les pornos ou dans les magazines de mode, pas un poil de trop ne dépasse hormis les cheveux. Pas de duvet de moustache ou au menton, pas de poils sous les bras ou sur les jambes et la vulve n’échappe pas à cette règle dictatoriale. Du coup, on s’épile comme si notre honneur en dépendait. Comme je l’écrivais dans  l’article “A vos poils, prêts, partez !”, on se sent presque coupables d’avoir des poils, coupables de notre nature. La websérie Poilorama rappelait de manière décalée et très instructive qu’une femme sans poils est finalement une femme désexualisée, domestiquée et revenue à une sorte d’état pré-pubère. Le stade au-dessus, en matière de transformation influencée par des images porno-publicitaires, c’est la labiaplastie. La labiaplastie consiste à faire de la chirurgie plastique sur les grandes lèvres ou petites lèvres pour les raccourcir. L’article Wikipédia sur le sujet cite une psychologue et une gynécologue anglaises, indiquant que beaucoup de patientes semblent être motivées par des questions d’apparence : « Les patientes veulent que leur vulve soit plate, sans aucune protrusion en dehors des grandes lèvres … certaines femmes ont apporté pour illustrer l’apparence souhaitée, des images provenant habituellement de photographies publicitaires ou pornographiques, qui peuvent avoir été retouchées par un procédé numérique. »* On en est donc arrivées là. Avoir des femmes qui décident elles-mêmes de procéder à une forme de mutilation génitale, pour ressembler à des femmes photoshoppées ou déjà passées sur le bistouri, donc à des femmes 100% non naturelles.  Si toutes nos vulves doivent parfaitement se ressembler, autant créer une armée de cyborgs alors. La réalité, c’est que nous sommes toutes différentes de la vulve et il n’y a rien de mal à cela. Merci à Club Clitoris de le rappeler haut et fort !

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Copie d’écran du compte Instagram @clubclitoris. Meredith White©

Des vulves imparfaitement parfaites 

Meredith White nous lance à toutes un message dans une interview effectuée par Konbini : “Mes amies, votre vagin est normal, naturel et magnifique, quoi que vous disent les médias”. Et c’est exactement cela qu’il faut retenir. C’est cela que clame son compte Instagram à travers toutes ses illustrations. Meredith White s’attèle à dessiner des vulves dans leur état naturel, avec leurs imperfections et donc leur réalité. Vulves poilues, vulves piercées, petites lèvres qui dépassent, culottes ensanglantées par les règles… notre anatomie est encensée sous toutes ses formes naturelles. La dessinatrice s’amuse même à jouer avec le vagin, à le rendre allégorique : tantôt représenté comme une fleur, comme une bouche ou encore comme un sushi. Meredith White ose tout avec une touche évidente d’humour.

Une manière de dédramatiser l’apparence de nos chattes et aussi de rappeler qu’elles sont toutes sublimes dans leur originalité. Se sentir complexée du vagin n’est pas bénéfique, car cela fait perdre confiance en soi, nous frustre et nous limite dans notre plaisir d’être qui nous sommes et a fortiori dans notre plaisir sexuel. Notre anatomie est géniale et se révèle être une oeuvre d’art aux formes multiples sous les coups de crayon de Meredith White. Le Club Clitoris est une initiative qu’il faut soutenir et qui à mon sens peut faire autant de bien aux femmes qu’aux hommes, car si le rêve est nécessaire, il faut savoir regarder la réalité en face et l’apprécier à sa juste valeur.

N’hésitez donc pas à suivre le compte Instagram de Club Clitoris !

Et vous, que pensez-vous de cette initiative ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaires.

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Labiaplastie#cite_note-autogenerated1-8

LadyShagass
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

2 commentaires

  1. Cool comme article 🙂
    Apres etre complexée tout court est une absurdité que ce soit de notre sexe, de nos seins, notre cul, nos cheveux, nos yeux, nos oreilles, notre nez … c’est ça le drame de la comparaison on peut toujours trouver quelque chose à redire
    C’est le petit bémol que je mettrais sur l article le soucis n’est pas de culpabiliser ou d’avoir honte de notre sexe mais d’avoir honte tout court et ca touche les hommes aussi, nous vivons dans un monde competitif, et qui dit competition dit comparaison et normalisation.
    Peut etre qu’un axe interessant qui est justement celui de l’artiste est d’exposer tout, de montrer, montrer, montrer pour que cet ensemble de différence crée un tel mélange que la comparaison ne sera plus possible 🙂 Après on ne fait pas boire un ane qui n a pas soif et tant que les gens voudront se comparer et ne pas se plaire ben …
    Pour le sujet autour de l’epilation à titre personnel nous nous épilons lui et moi justement pour montrer notre sexe parce que nous en sommes fier et puis que les poils c pas super bon à bouffer 🙂

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