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Uplust, l’Instagram du sexe pour amateurs

uplust

Sur Instagram ou Facebook, il vaut mieux cacher ce téton qu’ils ne sauraient voir. Pour pallier aux frustrations de ceux qui souhaiteraient s’exhiber sur les réseaux sociaux, un jeune français a eu une idée : Uplust. Sur cette plateforme, chacun est libre de se mettre à nu et de partager ses clichés avec ses followers. 

Uplust se présente comme le premier réseau social sexy pour adultes, garanti sans censure et 100% amateur. Le concept est né en 2013 sous le nom “Pornostagram”, qui a du être changé suite à une demande d’Instagram. Comme sur ce dernier, les personnes créent un compte et peuvent ensuite partager leurs photos sur leur mur. La grosse différence, c’est qu’ici pas de photos de voyages, d’assiettes gastronomiques ou de déco, mais des photos et vidéos de personnes nues. Vous pouvez suivre des membres, aimer, commenter et partager leurs contenus au sein de la plateforme. L’accès au site est gratuit, cependant pour débloquer plus d’options (chat illimité par exemple) il existe un abonnement premium et un abonnement VIP. Le site a également sa monnaie virtuelle, les lusts, qui permettent d’accéder aux contenus premium des membres, d’envoyer des cadeaux aux autres membres, d’acheter dans le shop ou encore de gagner de l’argent.

Le règne de l’exhibitionnisme amateur 

Uplust pourrait être une belle alternative à la censure excessive des réseaux sociaux traditionnels, pour partager des contenus plus érotisés. Je ne connaissais pas la plateforme des débuts, mais force est de remarquer qu’en 2017 le site s’apparente plus à un site pornographique supplémentaire. Dorcel a d’ailleurs investi dans le capital de l’entreprise. Cela n’est évidemment pas uniquement la faute du fondateur, mais surtout des membres qui visiblement préfèrent poster des photos trashs plutôt que des photos plus subtilement érotiques. A croire qu’aujourd’hui, les personnes ont la sensation qu’être sexy c’est forcément faire un selfie de ses fesses en gros plan. Je trouve vraiment cela dommage, car justement ce qui est supposé être excitant dans le contenu amateur, c’est d’avoir l’impression que cette personne qui s’exhibe pourrait être la boulangère du coin ou la voisine de palier. Bref, la fameuse Girl’s next door, devenue presque aussi mythique que la ménagère de moins de 50 ans. Or, ce qui est intéressant avec la girl’s ou le boy’s next door qui nous plaît dans la vraie vie, c’est qu’on le mate quand il est vêtu, et on aime se l’imaginer dévêtu. La moindre bretelle de débardeur tombante, le téton apparent sous le vêtement ou la ligne de poils qui passe sur les abdos et descend jusqu’à ce lieu bien gardé sous le pantalon… voilà ce qui émoustille au quotidien. Ce n’est pas la chatte béante de la voisine que je vois tous les jours, ce n’est pas le pénis en gros plan du plombier.
Où est passée l’imagination sexuelle face à ces contenus qui mâchent le travail de notre cerveau ?

Au moins sur les sites de webcams, il y a un simulacre de séduction. La frustration du mateur est mise en scène pour générer des revenus en premier lieu, mais au moins elle a le mérite de créer une certaine tension sexuelle. Le mateur va attendre, discuter et payer dans l’espoir de voir un bout de sein, de voir une danse, de voir s’activer un sextoy. Il n’est pas entièrement passif face à l’action et la camgirl est attirante aussi parce qu’elle ne dévoile pas tout d’un coup. Comme le disait la camgirl Charlie Liveshow, “il faut être super allumeuse” durant les shows publics pour que la mayonnaise prenne.

En tout cas une chose est sûre, Uplust s’inscrit bien dans notre ère du narcissisme exhibitionniste. La plateforme est déjà présente dans plus de 200 pays.

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