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Masturbation des femmes : y a-t-il un bon âge pour commencer ?

femme au lit

La masturbation des femmes est un sujet qui reste encore relativement tabou au sein de la gent féminine. Il n’est pas rare d’avoir une amie dans son entourage qui n’a jamais osé se toucher, alors qu’elle trouve cela normal que tous les hommes autour d’elle aient commencé à se masturber dès l’âge de onze ans. Est-ce parce que les femmes doivent se toucher naturellement plus tard que les hommes ? Y a-t-il un âge limite après lequel il vaut mieux abandonner d’essayer ? Est-ce une pratique à consommer avec la plus grande modération ?

La masturbation des femmes n’est pas un péché 

On ne se rend pas toujours compte de tous les interdits qui peuvent peser dans l’inconscient collectif, comme c’est le cas avec la question de la masturbation. Dès la fin du XVIIIè siècle et durant tout le XIXè siècle en France, les médecins ont réprimé cette pratique qu’ils voyaient comme un fléau pour la démographie et l’ordre social, sachant que la religion la considérait déjà comme moralement condamnable. Pour vous dire, en 1760 le médecin Samuel Tissot a écrit L’Onanisme, un essai sur les maladies produites par la masturbation et qui restera une référence médicale sur les “pathologies” de la masturbation. On part de très loin ! Cela a beau être le passé, il laisse souvent des stigmates. Combien de jeunes filles et de femmes continuent de se sentir gênées, honteuses, à l’idée de caresser leur propre corps ? À tout âge, il est possible de rencontrer des femmes dont leur propre vulve est une totale inconnue. Elles ne l’ont jamais regardé, jamais observé devant la glace, ne l’ont jamais touché hormis pour se savonner, cela a pour résultat d’être comme absente à son propre corps. Notre corps nous constitue, il est à nous, donc nous avons légitimement le droit de le toucher comme on le souhaite. Le toucher ou décider de ne pas le toucher, c’est un choix personnel, l’important étant de s’autoriser soi-même à le faire ou non, sans se référer à des interdits moraux supposés.

femme dans le noir

Ce qui importe plus que l’âge est de se sentir prête à s’explorer, d’en avoir envie. J’ai cependant remarqué une tendance en parlant sexualité avec des connaissances par ci par là. Il semblerait que plus on commence à se masturber tard et plus il peut être difficile de se sentir à l’aise avec cette pratique. Heureusement, difficile ne signifie pas impossible ! J’ai remarqué que toutes les nanas qui m’ont indiqué avoir commencé à se masturber tôt (dès 8 ans pour le plus tôt) avaient ce point commun d’être très à l’aise avec l’idée d’assumer leur sexualité, avaient une vraie conscience de leurs désirs et aucun sentiment de honte d’en parler. Elles avaient également une curiosité palpable sur les possibilités infinies d’exploration de leur sexualité. On ne peut tirer trop de généralités de cas particuliers, cependant il faut reconnaître que la masturbation semble influencer positivement le rapport à soi et à son corps pour s’épanouir sexuellement.

Vais-je arriver à me masturber si je commence après l’adolescence ?

Il n’y a pas de fatalité, alors oui bien sûr, même si cela mettra sûrement plus de temps. L’avantage d’une fille qui se masturbe dès la pré-adolescence par exemple, c’est qu’elle a souvent moins conscience de l’acte qu’elle effectue. Il y a comme une forme d’instinct dans le geste, même si on ressent qu’il y a un interdit, notre schéma mental est encore dans une logique de développement, donc le poids fort des interdits sexuels n’a pas toujours eu encore le temps de nous inhiber complètement. À trente ans, c’est une autre histoire !

femme au lit

Passé vingt ans, commencer à se masturber demande de dédramatiser la vision qu’on s’est forgée de la masturbation, d’intégrer que c’est un acte absolument naturel et qu’on fait d’abord pour se faire du bien. Bien sûr, il ne faut pas trop forcer les choses et prendre le temps nécessaire pour comprendre son propre fonctionnement et procéder par étapes. Déjà, commencer par oser regarder son sexe sans gêne peut être un bon début. Allez hop, on prend un miroir, on écarte les gambettes et on se mate. De toute manière, notre chatte est à nous et à personne d’autre. Ce n’est pas parce qu’elle se fait discrète entre nos jambes qu’il faut s’autoriser à la renier. Si vous avez besoin de vous rassurer sur son apparence, je vous inviter à aller faire un tour sur Club Clitoris, l’Instagram qui te décoince de la vulve. Après avoir vu ce compte Instagram, vous devriez vous dire qu’après tout, toutes les vulves sont différentes, belles, unique, artistiques.

Comment me toucher ?

Ensuite, on juge du moment où on se sent le plus à l’aise pour l’explorer. Sous la douche, dans le lit au coucher ou au réveil, aux toilettes, dans la voiture, ou même sous le soleil dans le jardin. On se détend et stop à l’hésitation, on descend sa main et on découvre son corps. Sur les vêtements, sur la culotte ou directement sur la vulve, à chacune de trouver son style et son rythme. N’oubliez pas que seules les femmes sont munies d’un organe uniquement dédié au plaisir : le clitoris ! Pas de panique si vous n’êtes pas bien sûres de savoir à quoi il ressemble, où il est, ce que c’est, regardez cette vidéo d’animation rigolote qui explique tout.

Vous aimeriez avoir une sorte de guide des techniques différentes pour se toucher ? N’hésitez pas à aller faire un tour sur OMG YES, un site qui propose d’explorer de manière interactive les formes de plaisir chez les femmes, avec des témoignages de femmes qui ont accepté de se toucher face caméra pour partager avec nous leurs préférences. Si vous n’êtes pas encore très à l’aise avec vos mains, vous pouvez aussi utiliser des objets, comme votre oreiller ou le pommeau de douche par exemple. Les nouveautés ne manquent pas non plus dans l’univers des sextoys ! Du stimulateur clitoridien comme le Satisfyer Pro Vibration, au rabbit comme l’Ina Wave de Lelo ou le Satisfyer G-Spot Rabbit, en passant par les boules de geisha vibrantes Bloom qui permettent de prendre du plaisir tout en tonifiant son périnée, les possibilités sont multiples !

masturbation des femmes

Si vous avez des difficultés à faire travailler votre imagination sexuelle, pourquoi pas acheter un roman érotique ? Il existe même maintenant des expériences de lecture érotiques connectées à un sextoy grâce à l’application B-Sensory ou encore des livres audio érotiques pour plus de discrétion. Les films érotiques et pornographiques peuvent également servir d’appui masturbatoire. C’est d’ailleurs leur objectif premier. Si la pornographie présente sur les tubes (tubes = sites pornos à accès gratuits fonctionnant comme Youtube) ne vous convient pas, sachez qu’il est toujours possible de se tourner vers des pornographies différentes, comme la pornographie féminine, dont la réalisatrice phare reconnue est Erika Lust. Allez, votre plaisir est entre vos mains, maintenant y a plus qu’à !

LadyShagass
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

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