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La passion de Bertrand ? Organiser des gangbangs à Paris

gangbang à paris

Le mot gangbang, à la consonance rude et explicite, est source de fantasmes, de craintes, de questionnements ou de dégoût, en fonction des sensibilités. Pour celles et ceux qui comprennent la signification de ce mot, c’est une pratique sexuelle qui laisse rarement indifférent, à la fois moquée et crainte, mais finalement méconnue. Excepté dans les films pornographiques, de “vraies” personnes pratiquent-elles le gangbang pour leur plaisir ? Et si oui, comment cela s’organise-t-il ? Pour en savoir plus, je me suis rapprochée de Bertrand, créateur du site Gang Bang à Paris, qui organise des événements libertins depuis 17 ans.

Cela semble improbable, mais oui, on peut se découvrir par hasard une passion gangbang. Dans le cas de Bertrand, cela a d’abord commencé par une anecdote narrée par son père au sujet d’un shooting avec des mannequins, mais surtout par l’émission Ciel Mon Mardi, qu’il regarde en juin 2001. Ce jour-là, il découvre Philgbo à la télé, qui explique comment organiser des soirées libertines. Il le contacte et c’est ainsi que démarre son aventure d’organisateur de soirées libertines. C’est durant cette même année qu’il lancera son site Gang Bang à Paris.

Gang Bang à Paris

Un gangbang, ça s’organise !

Dans l’imaginaire de cette pratique, on s’imagine assez facilement une situation assez bordélique, peu encadrée, et potentiellement dangereuse pour la personne qui se situe au centre (dans majorité des cas une femme… les fantasmes d’extrême soumission de la femme ont la vie dure, que voulez-vous). Que nenni pour Bertrand, qui affirme que certaines règles doivent être suivies pour s’assurer de la bonne organisation d’un gangbang. Parmi celles-ci, il mentionne notamment le fait d’avoir maximum cinq hommes présents, de toutes origines ethniques et types de physiologie, et qui se connaissent tous, pour préserver un côté intimiste. Il est également important que cela ait lieu dans un endroit de qualité, propre, raffiné, avec des personnes d’une propreté irréprochable, dignes de confiance, qui savent aussi bien causer que se taire, et dans l’idéal cooptés. En somme, cela doit permettre à la femme ou au couple de vivre son fantasme d’une belle manière et en toute sécurité.

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Hall de l’immeuble où nous avons été accueillis pour l’interview

Par ailleurs, il faut faire très attention aux aspects sécuritaires et sanitaires : capotes obligatoires. Et par capotes obligatoires, il ne s’agit pas seulement d’avoir nécessairement des capotes sur soi, il s’agit aussi de bien être au fait de l’usage de celles-ci. En effet, les hommes présents doivent savoir non seulement les enfiler, les retirer, mais aussi avoir conscience qu’il faut régulièrement les changer rapidement. À titre d’exemple, si on vient de pratiquer une sodomie, on ne pénètre SURTOUT PAS le vagin d’une femme ensuite sans avoir changé de préservatif ! Ceci peut provoquer des infections urinaires et vaginales sévères comme l’explique très bien Adam du site Nouveaux Plaisirs dans son article Le plaisir anal, hygiène et bons conseils…

Pour ce qui est du lieu, Bertrand peut compter sur ses amis proches, qui lui fournissent des appartements luxueux au coeur de Paris ou dans d’autres villes de France, à titre gracieux. C’est une belle aubaine et il faut dire que l’appart dans lequel nous avons été reçus était de grande qualité.

gang bang à paris
Poser dans ce bel appartement vide, sachant qu’il cache de nombreux secrets…

Quels profils d’invité.e.s pour les gangbangs ?

Pour ce qui est des hommes, Bertrand indique faire appel uniquement à son groupe d’amis. Pour lui c’est plus simple, car tout le monde se connaît et c’est l’assurance que chacun s’amuse, car il sait déjà que les hommes présents ont les qualités requises (oui l’endurance en fait partie) et qu’ils savent prendre du plaisir ensemble.

Ses soirées, il les organise exclusivement sur demande des couples ou de femmes, jamais d’hommes seuls ou de groupe d’hommes. Pour respecter la vie privée des personnes, ce n’est jamais lui qui (re)contacte les personnes ayant souhaité participer à un gangbang. S’il arrive que des femmes seules ou en couple, fassent elles-mêmes la demande de vivre ce fantasme, Bertrand reconnaît que dans un couple, ça reste souvent majoritairement l’homme qui va le contacter. Dans tous les cas, prendre rendez-vous avec la femme en amont est une étape obligatoire, afin de s’assurer au mieux qu’il s’agit d’une personne équilibrée, mais aussi de savoir ce qu’elle souhaite vivre comme fantasme lors de la soirée. Cela peut sembler contradictoire, mais Bertrand l’affirme “les femmes sont les reines de la soirée”, c’est elle qui décide de l’ensemble, du type d’hommes qu’elle veut avoir ce soir-là, du scénario et c’est essentiel (et encore heureux !) de toujours respecter la demande de la femme.

Gang Bang à Paris
Ces soirées-là… c’est champagne !

Et qu’en est-il des personnes transgenres, de la bisexualité ou encore de l’homosexualité ? Bertrand affirme avoir seulement organisé une fois une soirée avec un couple homme-femme bisexuels, autrement ses soirées sont très hétéro-normées. Ce qui arrive couramment en revanche est la présence de femmes bisexuelles. Un aspect dommageable, mais qui semble être monnaie courante dans le monde du libertinage, qui ne transgresse pas les règles sur ce point : la femme bisexuelle fait fantasmer tandis que l’homme bisexuel reste une étrangeté peu tolérée. Bertrand accepte les hommes bisexuels dans ses soirées, cependant il reconnaît ne pas organiser de gangbangs bisexuels pour les hommes.

Un business de rencontres rentable ?

Cela peut sûrement être le cas, mais dans le cas de Bertrand, les soirées organisées par Gangbang Paris sont gratuites. D’ailleurs, il déplore l’aspect trop business d’autres organisateurs, estimant que faire payer les hommes, crée une urgence de rentabilité, du coup “il faut un retour sur investissement”. Un autre aspect qui le gêne est la volonté de démocratisation du libertinage. Pour lui, le libertinage doit rester un lieu d’élite comportementale (à ne surtout pas confondre avec une élite sociétale), à savoir un endroit où sont acceptées des personnes non grossières, qui savent se comporter et agir dans le respect. Il partage sa vision complète de ce sujet dans son article La démocratisation du libertinage est vouée à l’échec. Pour finir, il nous a partagé un aspect essentiel pour lui et qui fait qu’il est heureux d’organiser ces soirées et même d’y participer : “le libertinage m’a permis de réaliser des fantasmes que j’aurais jamais fait” et finalement ce qu’on retient c’est que le plaisir est au coeur de l’expérience, si chacun.e des parties prenantes respecte autrui, consent parfaitement et sait où mettre les pieds.

LadyShagass
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

Un commentaire

  1. Elle est top cette interview, et le paon est magnifique !
    Je partage la même idée, lorsque je participe à un GB, je sais que je suis l’objet et l’outil de la personne au cœur du jeu.
    La question sur la bisexualité est TRES TRES BIEN ENVOYEE ! Quand les mecs qui participent au meme GB que moi voient que je suis BISEX sur wyylde ou autre , ils demandent à l’organisateur si il me connait .
    Idem lorsque je suis invité et qu’il y a un couple dont l’homme est BI, j’ai parfois l’impression d’etre convié dans le BUT ultime d ‘etre “compatible ” et parfois de pas avoir le choix.
    BREF il est TOP CET ARTICLE !

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