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Taille du pénis : et si on stoppait l’obsession ?

taille du penis

Dans l’inconscient collectif, le petit pénis est un sujet d’inquiétude chez les hommes. On dit d’ailleurs des hommes vaniteux qu’ils veulent montrer “qui a la plus grosse”. C’est sur ce point précis que se situe le complexe : avoir la plus grosse, la plus grande, celle qui en impose. Comme si c’est de cet attribut que seul dépendrait la jouissance de la femme. Mais justement, les femmes prêtent-elles vraiment attention à la taille du pénis ? Et si oui, est-ce pour autant LE moteur principal et unique de leur désir et excitation ? 

Vraiment ? La taille ça ne compte pas ? 

“Ce n’est pas la taille qui compte, c’est la manière dont on s’en sert !”. Tout le monde a déjà entendu ou énoncé cette phrase, n’est-ce pas ? Il est vrai que dans l’inconscient masculin, il y a une représentation du pénis en tant qu’arme de puissance, comme on l’analysait dans l’article Sexualité masculine, virilité et clichés. Une puissance qui s’évaluerait notamment par l’aspect de ce pénis. À noter qu’à l’âge adulte, la taille moyenne d’un pénis en érection est d’environ 12,5 cm et qu’on parle de micropénis en tant qu’affection médicale quand celui-ci mesure moins de 7 cm en érection à l’âge adulte. Voilà pour les bases.

photo de banane

Maintenant, il y a  un phénomène assez singulier qui parle forcément à beaucoup d’entre vous, c’est ce sentiment de compétition constante parmi les mecs, eu égard à la taille de leur sexe. Je suis sûre que je ne suis pas la seule à me souvenir de potes de collège ou lycée parlant de “X en a une grosse, c’est un tueur” ou de “Y qui en a une petite”. Idem dans nos discussions de nanas, il n’est pas rare d’avoir déjà donné des détails croustillants à ses copines sur son dernier plan cul en mentionnant entre autres la “bonne” ou “mauvaise” taille du pénis de ce dernier. Symptôme intéressant de ce sujet générateur de complexes, les publicités intempestives qu’on peut voir régulièrement sur les sites pornos, vantant les mérites de produits miracles pour agrandir démesurément son pénis. Clairement, il y a une forme d’obsession autour de cette question : mon pénis est-il assez grand ? Derrière cette question se cache l’interrogation sur la puissance virile de l’homme et sa capacité à donner du plaisir durant un rapport sexuel.

Un esprit sain dans un petit pénis

Il est intéressant de revenir en arrière dans l’Histoire et de réaliser que cette obsession de la grandeur n’a pas toujours été. Saviez-vous que dans la Grèce Antique, l’homme idéal avait un pénis de taille modeste, car cela était la preuve d’un esprit rationnel, intellectuel, capable de dominer son animalité ? A contrario, avoir un pénis imposant était associé à des caractéristiques négatives, comme la laideur, l’incapacité de contrôler ses pulsions, la folie.* C’est pour cela que les statues grecques masculines, censées représenter un idéal, arborent toutes un pénis de très petite taille. Pour en savoir un peu plus à ce sujet, je vous invite à vous rendre sur cet article du site Beaux Arts qui détaille cela très bien.

Cela traduit cependant une obsession pluri-séculaire : l’obsession de l’apparence corporelle et de la représentation de la domination masculine. Une domination qui s’est visiblement toujours pensée également en fonction de la taille du pénis, qu’on valorise la petite ou la grande taille.

statue grecque

Taille du pénis et peur du sexe féminin 

Malheureusement, aujourd’hui encore la société a trop tendance à faire peser la réussite de l’acte sexuel hétérosexuel sur les épaules de l’homme. De lui et de son pénis dépendraient avant tout la satisfaction de la femme, qui elle n’aurait quasiment rien à effectuer à part attendre gentiment qu’on la pénètre et la fasse jouir comme par miracle. Face à ce type d’injonctions erronées, mais admises, comment ne pas avoir la pression ? Comment un homme pourrait ne pas s’interroger sur les qualités de son pénis quand il démarre sa vie sexuelle ?

Sans parler du fait que le vagin de la femme étant une cavité interne, l’homme (in)expérimenté peut se sentir démuni, voire terrorisé à l’idée de devoir réussir à “combler” ce trou mystérieux. Je me demande dans quelle mesure, une sorte de crainte face au sexe et à la sexualité féminine, joue également un rôle dans cette obsession du “gros sexe”. Et si mon sexe était trop petit et qu’elle ne sentait rien quand je la pénétrais ? Va-t-elle se moquer de moi en voyant mon sexe ?

l'origine du monde

Pour ajouter à la confusion des hommes, la pornographie, qui il ne faut pas l’oublier est une industrie du fantasme (et donc pas un manuel pratique de sexualité), montre essentiellement des hommes aux pénis imposants, qu’on qualifie dans le langage populaire de “bien montés”. Les sites X étant désormais accessibles (trop ?) facilement, gratuitement et en masse, cela véhicule nécessairement une image normée du pénis qui peut avoir pour conséquence d’asseoir durablement les complexes et accentuer une pression de la performance.

Et les femmes, que disent-elles de la taille du pénis ?

Les femmes prennent-elles plus de plaisir avec les hommes selon la taille de leur pénis ? Une amie me glissait dernièrement, “il faut qu’on arrête de mentir, ça joue un rôle quand même. Si tu ne sens vraiment rien, c’est vraiment ennuyeux”.  De l’autre côté, une autre amie insistait pour dire qu’elle avait eu des relations sexuelles incroyables avec des mecs ayant des pénis “plutôt fins et pas hyper longs, mais qui s’en servaient trop bien !”. Par ailleurs, comme on l’expliquait dans l’article Son pénis est trop gros, un sexe trop imposant peut être avant tout synonyme d’inconfort pour un couple. Bon, tout le monde n’est pas forcément d’accord sur le sujet, mais vous savez quoi c’est normal ! Un acte sexuel se construit à deux et chaque personne est différente dans ses goûts, ses plaisirs, ses sensations. Un même homme peut offrir beaucoup de plaisir à une femme et moins à une autre, et réciproquement pour une femme. Vous en déplaise, cela n’est pas dû avant tout à la taille du pénis, mais aussi à la qualité de la relation que vous avez ensemble.

couple qui s'embrasse

Par ailleurs, une bonne relation sexuelle femmes-hommes ne se limite pas uniquement à l’acte pénétrant. De nombreuses zones érogènes sont présentes sur nos corps, dont des zones que vous ne soupçonnez peut-être pas encore. Faire l’amour est un tout. Le baiser est un acte érotique fort, les caresses, la réalisation de fantasmes à deux, les sentiments amoureux… tout un ensemble d’éléments contribuent au plaisir de l’un et l’autre. Faire l’amour ce n’est pas juste pénétrer/être pénétré. Embrasser les seins, faire un cunnilingus, susurrer des mots crus ou doux, donner une fessée érotique… il y a de nombreuses façons de générer le plaisir, en excluant toute problématique de taille du pénis. Surtout, il ne faut pas oublier que les femmes ont cette chance d’avoir un organe uniquement dédié au plaisir, le clitoris, qui possède environ 8 000 terminaisons nerveuses (le bout du pénis en possède quant à lui 6 000) et qui joue un rôle essentiel dans le plaisir sexuel de la femme, à l’intérieur comme à l’extérieur du corps. Les marques de sextoys l’ont d’ailleurs bien compris et proposent de nombreuses nouveautés qui s’intéressent exclusivement à la stimulation du clitoris, comme le Lelo Sona Cruise ou le Womanizer Classic par exemple. Pour mieux comprendre le clitoris, je vous invite à (re)voir cette super vidéo explicative réalisée par une canadienne.

clitoris

En conclusion, le plaisir sexuel est complexe et ne se focalise pas uniquement sur le phallus de l’homme et sa taille. C’est bien plus riche que cela heureusement et c’est une danse à deux évolutive. C’est un point simple, basique, qu’il faut garder en tête, pour justement arrêter de se la prendre !

Et vous, qu’en pensez-vous, la taille ça compte ou pas ? N’hésitez pas à partager vos commentaires ci-dessous !

*Source : https://dailygeekshow.com/art-sexe-grece-antique/

Tatiana
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

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Taille du pénis : et si on stoppait l’obsession ?

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