CULture

J’ai un cul donc je suis !

bubble-butt-major-lazer

De nouvelles expressions apparaissent constamment dans la langue française et notamment sur le web. Il y en a un qui a particulièrement attiré mon attention récemment : le belfie.  Ce mot désigne le fait de prendre son cul en photo et de poster la photo sur Internet. J’ai un cul donc je suis,  nouvel axiome de la société ?

Kim-Kardashian-buttLe mot belfie est un néologisme basé sur deux mots : « butt » (« cul » en anglais), et « selfie » (prendre son visage en photo et poster ensuite la photo sur les réseaux sociaux). Depuis quelques temps, on voit effectivement cette tendance grandir au sein de la gent féminine bien fournie de l’arrière-train. Pour faire le parfait belfie, il est nécessaire de remplir trois critères essentiels : 

1.  Avoir le cul bien bombé (mais vraiment bien bombé !)
2.  Avoir le cul rond
3.  Avoir le cul musclé 

Fini le cul plat et riquiqui des mannequins, ce qu’on montre c’est un bon booty bien juicy ! En somme, Kate Moss est morte, vive Kim Kardashian ! Cette dernière a d’ailleurs assuré sa paire de fesses pour la modique somme de 21 millions de dollars ! Oui, avoir un bon gros ass, ça a de la valeur, alors il faut le protéger ! Mais rappelons-nous que Kim K ne serait pas la première célébrité à avoir assuré ses arrières. Jennifer Lopez également l’aurait fait il y a dix ans. Info ou intox, en tout cas, cela signifie bien que le phénomène de la « fesse-star » n’est pas une nouveauté, mais bien un retour en force. 

Pourquoi sommes-nous redevenus obsédés du cul ?

Vous vous souvenez sûrement tous du twerk de Miley Cyrus aux MTV Video Music Awards 2013, n’est-ce pas ? J’ai l’étrange impression que ce petit show complètement « oh-my-god-what-the-fuck-is-actually-happening » a été un superbe adjuvant pour remettre les fesses sur le devant de la scène. C’est finalement plutôt ironique de se dire que ce puisse être le mini cul de miss Cyrus qui ait ravivé la mode du méga cul. Aurait-elle si bien traumatisé nos pauvres yeux qu’il soit devenu nécessaire de tout faire pour redonner aux fesses leur noblesse ? On est passé d’un extrême à l’autre, du « no butt » au « bubble butt ». Quoi, vous ne savez pas ce qu’est un bubble butt ? Ok, regardez plutôt le clip ci-dessous, vous comprendrez tout de suite :

Je fais un peu ma langue de pute sur les culs plats, cependant il est clair qu’un regain d’intérêt vers nos profils arrière s’est accentué dès lors que Miley a montré le sien. Le twerk de Miley Cyrus a créé un besoin d’expliquer le twerk, ses origines, sa technique. Ce qui a dérivé vers la tendance de vidéos de nanas twerkant sur les réseaux sociaux. Puis du twerk, on a fini par juste montrer ses fesses, et paf voici l’avènement du belfie !  Et le nerf de la guerre du belfie, c’est la notoriété sur Instagram. La new-yorkaise Jen Selter en est l’exemple parfait. Cette demoiselle de 20 ans qui a dépassé les 3 millions de fans n’est connue que pour son cul (refait) qu’elle exhibe sous toutes les coutures en le prenant en photo durant ses séances à la salle de sport.

Narcisse et la callipyge 2.0 

Dans l’Antiquité grecque, la Vénus Callipyge est une statue qui représente Vénus en train de regarder ses propres fesses. Ces deux boules rondes qui se cachent derrière nous ont toujours été un objet de fascination. Rappelons-nous tous ces clips de rap/reggae des années 90, bourrés de nanas à poil qui shakaient leurs bootys bien dodus ornés de string contre la caméra !

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Il est vrai que les deux autres rondeurs sensuelles posées sur notre torse de femmes ont eu tendance à s’emparer de toute la lumière, mais un beau cul, c’est excitant et l’a toujours été. Dans un précédent article intitulé « T’as un beau cul tu sais », je mentionnais le fait que les femmes aimaient également mater le cul des hommes. Or, il est intéressant de voir que le belfie est un épiphénomène qui touche essentiellement les femmes. Ce sont surtout des femmes qui exhibent leurs formes, qui valorisent leurs formes rebondies inspirantes de sexualité, de sensualité et… peut-être de fécondité ?

On dit parfois qu’on « montre notre meilleur profil » lorsqu’on prend une photo. Le belfie, c’est en quelque sorte assumer qu’on aime son cul, qu’on le trouve attirant, qu’on considère qu’il constitue une partie importante de notre valeur, qu’il fait partie du meilleur de nous. On revient sur ce sujet du « narcissisme sexuel », que j’ai déjà abordé dans des articles précédents. Après ce micro-rien-du-tout phénomène de l’#AfterSex et les vidéos « comeshot », le belfie fait son entrée dans la cour des ego sexuels publicisés. Cela me rappelle le site de rencontres Parleamoncul.com, qui propose à ses membres de mettre la photo de leurs fesses en photo de profil. Le message : « Du mal à plaire avec ta tête ? Alors séduis avec ton cul ! » Et dire qu’ils étaient peut-être visionnaires finalement. À moins que ce ne soit juste notre monde qui ne tourne pas rond !

Je me demande tout de même jusqu’où nous mènera ce besoin narcissique de reconnaissance sur les réseaux sociaux ? Ce besoin d’exhiber le moi pour attirer le plus de suiveurs, de likes, de sentiment d’amour possible. Quelle sera la prochaine étape après le belfie ?  Le pussylfie ou le dickfie ? Je pense qu’on peut désormais s’attendre à tout…

Tatiana
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

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