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Masturbation : nom féminin accordé au masculin

femme avec fausse moustache

Pourquoi le mot masturbation semble-t-il s’accorder avec la masculinité, mais être complètement dissonant avec la féminité  ? La masturbation féminine existe au-delà de la tendance sextoy. C’est une relation intime à soi qui permet de se découvrir, se sentir, se connaître sexuellement.

Les premiers pas de masturbation

Je me souviens de la première fois que j’ai parlé publiquement de masturbation féminine. J’avais 12 ans. Nous étions quatre copines dans la cour de récré du collège quand un copain nous a lancé  “Et vous les filles, vous vous êtes déjà masturbées ?”. Gros blanc. Finalement, après une minute d’hésitation, une copine a osé répondre que oui elle s’était déjà masturbée. Une autre a alors avoué aussi. Puis moi. Seule la dernière, étonnée de nos réponse a indiqué qu’elle ne l’avait jamais fait et n’y avait jamais pensé. Le copain quant à lui, était devenu tout rouge et a finalement décidé de nous laisser entre nanas. C’est marrant comme le désir des filles peut troubler les garçons petits et grands.

Il y eut ensuite d’une petite discussion passionnée entre nous, sur nos retours d’expérience. Elle n’a pas duré longtemps car c’était tout de même assez gênant. J’étais à la fois étonnée et rassurée de savoir que je n’étais pas seule. Ce n’était finalement pas si grave que ça alors ! Il n’y avait pas que les garçons qui avaient “le droit” de le faire. J’étais donc tout à fait normale. On parle si peu de la masturbation féminine, que se toucher peut paraître hors du commun dans l’esprit féminin. Cela ne choque pas qu’un garçon joue avec son zizi dès la pré-adolescence, mais il me semble qu’on ait encore du mal à accepter que les filles puissent jouer avec leur kiki tout aussi jeunes.

femme allongée

Personnellement, lorsque j’ai découvert la masturbation, je n’y voyais aucune dimension sexuelle. Je ne sais même pas ce qui a guidé ma main vers mon entrejambe la première fois. À mes yeux, j’avais juste trouvé un moyen agréable pour m’endormir plus facilement le soir. Ce qui me faisait penser instinctivement que c’était tabou, était le fait qu’on ne m’ait jamais mentionné cette pratique et qu’on m’ait toujours dit “ton kiki, il n’y a que toi qui a le droit d’y toucher, d’accord ?”. Je sentais donc qu’il ne fallait pas en parler, que ça relevait de l’intime. C’est en lisant des bouquins d’éducation sexuelle pour ados et dans la cour d’école que j’appris ensuite la dimension sexuelle de cet acte solitaire. En grandissant, sont venus les fantasmes et l’envie de voir des images pour profiter et développer ce plaisir devenu conscient.

Touche-toi toi-même !

À mes yeux, la masturbation permet d’appréhender son corps et sa sexualité. En se touchant, on ressent ce qui nous plaît car on fait forcément ce qui nous plaît.  Cela n’atténue-t-il pas la découverte de sa sexualité avec l’autre ? Non, je ne le pense pas du tout. Au contraire, mieux on se connaît, plus nous sommes à même de guider l’autre vers femme-lit-visage-cachenotre plaisir. De plus, je pense que s’aventurer sur et dans sa propre intimité permet d’éprouver moins d’embarras à l’idée de la dévoiler ensuite à quelqu’un d’autre. On s’approprie son minou, on apprend à l’aimer et à accepter les sensations délicieuses qu’il peut nous procurer. J’ai pu lire des écrits de femmes sur des forums ou entendre des discussions dans lesquelles des femmes indiquaient avoir du mal à apprécier un cunnilingus. Soit car elles n’aimaient pas leur sexe, soit n’aimaient pas elles-même le toucher, donc elles aimaient encore moins qu’un homme s’en approche avec son visage. Cela les embarrasse, voire les dégoûte. Je pense qu’il serait entièrement faux de penser que toutes ces femmes ne se masturbent pas. Néanmoins, je suis persuadée que la masturbation peut débloquer certaines gênes vis-à-vis de cette petite chatte qui se cache entre nos cuisses. Et puis, petite remarque en passant, le cunnilingus, c’est quand même trop chouette, comme je le disais dans l’article “le cunnilingus, ce must-have à ne pas négliger”. Alors si la masturbation peut aider à l’apprécier, allons-y, touchons-nous sans modération les filles !

En plus, aujourd’hui nous avons tout un tas d’objets pour nous aider à prendre notre pied de plus en plus facilement et de diverses façons. Les boutiques en ligne et physiques de sextoys ne cessent de croître et l’industrie rivalise d’imagination pour nous offrir toujours plus d’innovation.  Un sondage de la boutique en ligne SexyAvenue indiquait d’ailleurs en 2013 que 45% des Français utilisent un sextoy au moins une fois par semaine ! Ce même sondage stipulait également que plus de 60% des Français ont déjà détourné un objet de la vie courante en sextoy ! Nos doigts, objets de la vie courante, sextoy… le plaisir masturbatoire féminin peut s’exercer de différentes façons.

Je sais que certains hommes voient le sextoy d’un oeil jaloux. Le sextoy serait une concurrence à leur bite-toute-puissante ! Il est vrai que dans mon article “Oh my gode, soumets-moi à la tentation !”, j’indiquais avec provocation que le gode est notre meilleur amant masturbatoire. Mais il faut savoir une chose, c’est que la masturbation peut déclencher le désir, être un booster de sexualité, même quand on est en couple. De plus, comme l’homme,  une femme qui se touche apprend à maîtriser son plaisir, à le faire durer avant l’orgasme, ou à le laisser sortir justement, ce qui impacte nécessairement sa dose de plaisir, et donc la sexualité de couple.

Sachez donc que la masturbation est un nom féminin qui s’accorde en tous genres.

Tatiana
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

4 commentaires

  1. Je ne me suis jamais masturbé devant une photo ou une vidéo sexuel le, toujours après je me place confortablement et toujours dans l’excitation je me touche. C’est très agréable.

  2. Pourquoi le mot masturbation semble-t-il s’accorder avec la masculinité, mais être complètement dissonant avec la féminité ?

    Moi, je questionne déjà cette interrogation ! Sans doute parce que je suis un homme, je m’en rends moins compte, mais je n’ai pas spécialement l’impression de cette disparité hommes-femmes. D’ailleurs, ton anecdote du collège montre bien que le sujet n’était pas si tabou. 3 filles sur 4 qui reconnaissent se branler ; je ne saurais avancer de chiffre mais j’imagine qu’il y avait aussi, au même moment chez les garçons, certains sur qui l’interdit (probablement en provenance des parents) pesait aussi.

    Pour le reste, effectivement, la masturbation paraît une excellente méthode pour se connaître et apprivoiser son orgasme !

  3. Article intéressant qui m’a de nouveau donné envie de jouer avec vous.
    Petite réflexion sur l’importance de la masturbation et le pourquoi des interdits qui lui sont liés.

    http://essbe-ecrivain.blogspot.fr/2015/01/masturber-ou-etre-masturber-la-est-la.html

    Et quelques idées de positions pour se masturber à deux :

    http://essbe-ecrivain.blogspot.fr/2015/01/la-masturbation-un-plaisir-partager.html

    J’espère qu’ils stimuleront votre plume chère Desculottées.

    Erotiquement votre,
    Essbé

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Masturbation : nom féminin accordé au masculin

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