Il n’y a rien de pire que le mépris de bonne foi. Que l’insulte qui porte le masque de la compassion. On est en 2016, et j’ai entendu dire que l’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner. Hey oh ! On est en 2016, bon sang ! 

Au secours, mon ami est homophobe !

Tout commence un après-midi banal au boulot. Une conversation divertissante s’engage avec un collègue sur le chat Skype, quand tout à coup c’est le drame : il se met à me partager sa vision de l’homosexualité. C’a commencé par des propos aussi nauséabonds que “je trouve que trop d’hommes sont gays aujourd’hui, à croire que c’est devenu une mode”. Ou encore, “j’inscrirai mon fils à des sports de combat dès son plus jeune âge pour m’assurer qu’il ne devienne pas gay”. Pour finir enfin par m’achever totalement avec cette phrase qui restera gravée en mon esprit : “Je n’ai rien contre les gays, je dis juste que ce sont des malades qu’il faut soigner et ne pas encourager dans leur maladie en les aidant”.

Alors voilà, je vous le dis, me retrouver à lire de tels propos en 2016, ça me fout la gerbe. J’en ai vu des reportages où des personnes tenaient ce type de discours. Ces personnes que je regardais comme des arriérés écervelés, coincés dans un siècle que j’étais bien heureuse de n’avoir jamais connu. Des personnes que je regardais en me disant “Ouf, je ne connais pas de personnes comme eux”. J’ai crié victoire trop vite. Me voici face à une personne que j’apprécie, que je respecte, avec qui je m’entends bien et qui est capable de me dire : les homosexuels sont des malades mentaux.

On est tous le fou de quelqu’un 

J’ai bien tenté de lui expliquer qu’inscrire son fils à des sports de combat pour éviter l’homosexualité ne servirait à rien. Que moi-même j’étais un garçon manqué jusqu’à mon adolescence. Je jouais avec les garçons dans la cour de récré, je commandais des “jeux de garçon” à chaque Noël, je portais des baggys et des casquettes et détestais les robes. J’étais un putain de garçon manqué et non ça ne m’a pas rendu inévitablement lesbienne. Car non ça n’a rien à voir.

J’ai bien tenté de lui expliquer qu’on ne devient pas homosexuel pour “suivre une mode”.
J’ai bien tenté de lui expliquer qu’il n’y a pas une recrudescence pathologique d’homosexuels, mais que l’homosexualité étant plus acceptée aujourd’hui, il est normal qu’elle devienne de fait plus visible.
J’ai bien tenté de lui expliquer qu’être gay n’est pas une maladie et que chacun est libre de sa sexualité.
Toutes mes tentatives d’argument furent inutiles alors il a été préférable de couper court à la conversation pour ne pas que cela se finisse sur un ring de combat. Il est persuadé que j’ai tort et je suis persuadée qu’il a tort. Le débat est inutile dans ce cas de figure. Mais je ne peux m’empêcher d’espérer qu’il sortira un jour de ce que je considère être sa caverne d’ignorance.  Qu’il cessera de regarder les ombres de ses préjugés et osera regarder en face et avec joie la lumière de la tolérance.

J’écris ce billet, car j’ai eu mal. J’ai eu mal au plus profond de mes valeurs humanistes, libertaires et de mon profond respect pour autrui quelle que soit sa préférence sexuelle.
J’ai eu mal parce que mon meilleur ami est gay et que je le connais depuis mes 11 ans.
J’ai eu mal parce que j’ai croisé le chemin de gays, trans, bisexuel(les), hétéros, lesbiennes dans ma vie avec qui j’ai lié des amitiés sans distinction de genre.
J’ai eu mal parce que bordel, j’en ai rien à faire de ce qu’ils font de leur cul et qu’ils s’en foutent de ce que je fais du mien !

Aimons-nous et baisons-nous sans se soucier des différends sexuels bon sang ! La sexualité libre est une belle valeur que je n’aurai de cesse de revendiquer. Et si croire profondément en cette vérité fait de nous tous des malades mentaux, alors soyons tous fous, mais libres et heureux !

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.