L’éjaculation féminine, j’en avais entendu parler, j’avais beaucoup lu sur le sujet, mais je pensais que c’était réservé aux actrices porno ou à une certaine élite de femmes dites “femmes fontaine”. J’avais beau lire des articles expliquant que nous pouvons toutes éjaculer, je n’y croyais pas… jusqu’à ce que ça m’arrive par surprise! 

Les femmes aussi peuvent éjaculer. Je continue de trouver ça complètement dingue de se le dire, car on a toujours appris que les hommes éjaculent et que cela est une caractéristique qui leur est propre. L’idée qu’une femme puisse éjaculer semble totalement anormale. Et voilà que mon corps vient de me prouver le contraire. Bon, je savais déjà depuis plusieurs années que c’était possible physiquement qu’une femme éjacule, car ayant vu pas mal de pornos, il est difficile de passer à côté des vidéos glorifiant le squirt (mot anglais pour dire éjaculation féminine) des actrices. Cependant, il est difficile de s’identifier à ces femmes-là sachant que généralement elles semblent déverser des litres de liquide, et on sait que les réalisateurs y vont de leurs effets spéciaux. J’ai lu que généralement on demande aux actrices de boire 1 à 2 litres d’eau avant une scène d’éjac, pour s’assurer qu’il y ait le plus de liquide possible qui sorte par exemple. Les besoins du spectacle pornographique !

L’éjaculation féminine, ça fait quoi ?

Le problème avec l’éjaculation féminine, c’est qu’on a l’impression qu’on a une très forte envie d’uriner. Du coup, ça fait un peu flipper, parce que tu t’imagines que t’es à deux doigts d’asperger ton partenaire d’urine, ce qui n’est pas hyper glamour évidemment pour les non-adeptes de l’urophilie. En plus, la sensation forte de vouloir faire pipi n’a rien d’agréable et d’excitant en soi, c’est plutôt très gênant et désagréable. Plusieurs fois, j’ai ressenti cette sensation dans un moment intense de plaisir, et j’étais tellement en panique dans ma tête que je bloquais ma jouissance. Le résultat derrière, c’était qu’après l’amour j’avais une sensation atroce d’avoir envie de faire pipi, sans que rien ne puisse sortir, parce qu’en fait j’avais pas envie de pisser en réalité, c’était une fausse sensation. J’avais juste bloqué l’éjaculation visiblement. Depuis plusieurs mois, je me disais qu’il faudrait que je cesse de me bloquer, car cela me donnait une sensation d’incontinence insupportable après-sexe, mais psychologiquement, je n’y arrivais pas.

Et voilà qu’un beau jour (ou une bonne nuit plutôt), après une soirée hautement arrosée, vient l’envie incontrôlable de faire l’amour avec mon compagnon.  Le sexe est bon, je suis super détendue et là, changement de position et voici la fameuse sensation qui revient. Cette fois, je n’ai pas peur et plutôt que de me retenir, je pousse, je me laisse aller et là, c’est la surprise, l’inattendu, le nectar de plaisir qui surgit ! Alors, étonnamment, je n’ai pas ressenti le même type de plaisir que lors d’un orgasme au moment d’un cunnilingus par exemple. Mon corps n’a pas tremblé dans tous les sens, je n’ai pas eu l’impression de planer au septième ciel pendant quelques secondes, pas éclaté de rire ensuite de manière incontrôlable (oui, je fais partie de ces nanas qui ont un rire d’extase après l’orgasme). Je pensais que le squirt  provoquerait un tremblement de terre en moi, que je me mettrais à hurler telle une actrice porno, comme si je redécouvrais la jouissance ultime. Et non. En revanche, j’ai ressenti comme une réelle libération et un sentiment de détente absolue. Comme si mon corps se relâchait complètement. Mais clairement, ce n’était pas le plus bel orgasme de ma vie, et d’ailleurs l’éjaculation n’est pas synonyme d’orgasme (tout comme pour les mecs d’ailleurs. À ce sujet, écoutez le très intéressant podcast sur les orgasmes masculins). J’ai surtout ressenti un grand étonnement face à cette réaction corporelle, plutôt impressionnante, et j’étais fière aussi d’avoir cessé de vouloir contrôler mon corps et d’avoir réussi à me laisser totalement aller à cette sensation.

L’éjaculation féminine : urine ou pas  ?

Alors, je ne suis pas experte en la matière et je ne le prétendrai pas, car apparemment les chercheurs eux-mêmes continuent de se poser la question si je me fie à Wikipédia. Il s’agirait en tout cas d’une sécrétion des glandes de Skene situées autour de l’urètre, qui se gorgeraient d’eau et qui serait expulsée sous l’excitation suite à une forte stimulation du point G. Si cette zone est stimulée comme il faut pour générer cette réaction, cela peut donc arriver à chaque fois, c’est une réaction physique naturelle. Ceci n’est donc pas quelque chose qui arrive uniquement à un type de femmes un peu bizarres, presque sorcières, à mi-chemin entre la femme et l’objet et qu’on appellerait des fontaines. Non, cela peut arriver à toutes. Visiblement, dans mon cas, un relâchement total de l’esprit (et beaucoup de plaisir) est nécessaire pour que mon corps se laisse aller à cette réaction.  J’ai l’impression que l’éjaculation féminine est un sujet qui reste assez tabou dans le monde des chercheurs et de manière générale. En tout cas,  le liquide n’a pas d’odeur, pas de couleur… bref peu de chances de confondre cela avec de l’urine, alors pas de panique à bord de ce côté-là. En revanche, les draps sont complètement inondés après une éjaculation et il vaut mieux les changer, car impossible de dormir dessus après l’éruption du geyser ! Selon mes lectures, cela dépend des femmes, de si le corps est plein de liquide ou non… donc le changement des draps n’est pas forcément systématique pour toutes. Je ne sais pas encore si cette première expérience implique qu’il y en aura d’autres maintenant que le blocage est passé et si je prendrai plus de plaisir une prochaine fois. Cependant, cela ne fait que me rappeler à quel point les possibilités multiples des corps et les surprises que le sexe peut nous réserver chaque jour sont fascinantes.

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience d’éjaculation féminine ? N’hésitez pas à faire part de vos expériences en commentaires.