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Les Souvenirs de Tatie Monique : ode au sexe libre et joyeux

les souvenirs de tatie monique

Les souvenirs de Tatie Monique est un roman érotique, qui nous emporte dans une narration chaleureuse où libertinage, amitiés, amours et bonne humeur constituent un ensemble savoureux. Écrit par Françoise Colliot, cet ouvrage nous surprend du début à la fin, car alors que les orgies se succèdent à travers les pages, c’est avant tout avec le sentiment d’avoir lu une belle histoire d’amour et d’amitiés qu’on referme le livre.

Tatie Monique aime la nique, nique, nique

L’action se passe en 1974, Tatie Monique est toute jeune et descend passer l’été chez sa Bonne-Maman dans le sud de la France. Dès son voyage en train, Tatie Monique est émoustillée par deux jeunes hommes avec qui elle batifole sans se soucier du qu’en dira-t-on. Elle profite simplement des plaisirs de la vie, est à l’écoute de sa chair et de ses désirs et ne cessera d’agir ainsi tout au long du récit. Le récit est rafraîchissant, il sent bon la garrigue et la jeunesse insouciante ! Les plans à plusieurs qui s’enchaînent rythment le pouls du récit autant que l’excitation des lecteurs.trices, qui à coup sûr ne peuvent rester insensibles face aux scènes de plaisir décrites. Les souvenirs de Tatie Monique donnent également à voir les liens forts qui peuvent exister au sein d’une communauté libertine soudée et aimante les uns envers les autres. On ressent ce lien indéfectible entre les différents protagonistes qui n’est autre que le sexe et la joie qu’il leur procure à le pratiquer ensemble.

Que se cache-t-il derrière Tatie Monique ?

Si Tatie Monique s’en prend pas mal par devant et par derrière dans le bouquin, j’ai voulu connaître l’autre “derrière”, à savoir comment s’est formé ce récit. Il est intéressant de noter que l’histoire s’est créée à partir des défis d’écriture que Françoise Colliot lance à son lectorat sur son blog pallilogienyc.wordpress.com. Un homme rencontré sur Twitter, devenu depuis un ami, lui lance un jour le défi de créer un récit à partir de ce dessin :

les souvenirs de tatie monique

C’est ainsi que le premier récit a commencé à prendre forme dans sa tête : “Je réfléchis, il faut qu’elle aille suffisamment loin pour “lessiver” le personnage de droite avant d’arriver en gare… Je me dis, elle va en Provence en partant de Paris, le train fait une halte à Dijon etc. Je me dis aussi que le gros avantage d’une histoire se passant dans les années 70 c’est que la contraception est accessible, qu’à l’époque les “maladies vénériennes” comme on les appelait, étaient toutes curables bléno, syphilis, pas de SIDA, pas d’hépatite (enfin, on ne s’en souciait pas). Bref je vais pouvoir me la donner dans les descriptions de galipettes avec des inconnus et sans capote !” commente Françoise Colliot. Toujours dans cette optique de partage avec le lectorat, il faut savoir que le roman a pu être édité grâce à une campagne de financement participatif.

En lisant Les Souvenirs de Tatie Monique, j’étais tellement prise dans l’action, les situations semblaient tellement avoir existé, que je me suis demandée s’il n’y avait pas une part d’autobiographie dans le récit. Ceci est une des forces de l’écriture de Françoise Colliot, car visiblement c’est un effet trompeur si on se fie à ses propos : “Je ne suis pas super fan des partouzes, les rares auxquelles j’ai pris part étaient des orgies lesbiennes, mais autant je peux être excitée par l’idée, autant dans la réalité, mon plaisir, mon désir se dilue dans la masse des corps, des sollicitations.”

Françoise admet tout de même que “ce qui est un peu autobiographique c’est ce que ressent Monique la première fois où le Bavard la baise. Elle devrait détester tout ce qu’il fait, comment il le fait, tout ce qu’il dit, comment il le dit, mais elle prend un plaisir fou, sans savoir vraiment pourquoi. Comme quand tu vois une personne dans la rue, tu ne la connais pas, pourtant tes tripes te disent qu’au pieu, vous prendriez un pied d’enfer.”

Pour tout vous dire, en terminant le roman, je me suis dit qu’on ne me fera pas changer d’avis sur un point : la sexualité est quand même quelque chose de merveilleux quand on ose l’assumer pleinement. J’ai vraiment ressenti Les Souvenirs de Tatie Monique au fond de ma chair comme une injonction à ne jamais laisser s’éteindre les flammes de désir qui brûlent en nous, même si elles ne répondent pas aux convenances. D’ailleurs, le message que Françoise Colliot a souhaité véhiculer est “que la vie, même longue est courte, qu’après la mort, il n’y a rien, aucun paradis à attendre, aucun enfer à redouter, que le bonheur est là, juste à côté de toi, qu’il faut juste que tu acceptes de le voir pour en profiter.” Et punaise, ça fait du bien de lire un roman érotique qui se ressent avant tout comme une ode à la vie, au bien-être de l’esprit et du corps ensemble ! Vivons, baisons !

Où se procurer Les Souvenirs de Tatie Monique ? 

Vous pouvez acheter le roman sur le site Avec La Main Gauche de Françoise Colliot (une fois sur le site, le lien d’achat est sur la droite de la page). Sachez qu’une campagne de financement participatif est en cours pour la sortie du tome 2 intitulé Cahier de Bonne-Maman et à laquelle vous pouvez contribuer à ce lien : https://fr.ulule.com/cahier-bonne-maman/, jusqu’au 13 février à 23h59. Françoise Colliot est par ailleurs déjà en train d’écrire la troisième partie de cette saga érotique. On n’a pas fini de lire les aventures libertines qui ont lieu dans l’entourage de Tatie Monique et c’est tant mieux !

Tatiana
Nietzsche et Mme Bovary sont mes parents, Don Juan est mon premier amour. C’était mal barré. Les chiennes ne font pas les chattes.

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Les Souvenirs de Tatie Monique : ode au sexe libre et joyeux

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