Dans sa dernière BD publiée aux éditions Fluide Glacial, Nicolin raconte ses années les plus hard, ou du moins ses années passées dans le domaine du hard. Pour lui, ça n’a pas eu l’air d’être si dur que ça !

Comme l’avance le communiqué de presse, Nicolin “a vécu le rêve de beaucoup d’hommes : travailler dans un studio de production de films X”. Bon, manifestement, on part déjà sur du préjugé facile. J’aurais dû me douter que cela n’annonçait rien de bon, mais le sujet était quand même intéressant. En effet, qui ne s’est pas demandé ce qui se passait de l’autre côté de la caméra ? A priori une équipe de production, comme dans le cinéma “classique”, avec directeur de la photographie, caméraman, preneur de son, et tutti quanti. Mais quand même, on ne peut pas s’empêcher de se dire que le X, ça doit être légèrement différent à vivre au quotidien.

Nicolin, aka Nicolas Mazière (ouais je balance), a 40 ans et diverses casquettes : réalisateur, directeur artistique du studio graphique ALYEN, illustrateur et auteur, donc. Un autre titre ? “Les Puceaux”. Voilà, voilà. Non mais on reste dans le ton. Enfin moi j’aime bien le contraste. Et sur toutes ces belles années de vie donc, il en a passé six au poste de directeur artistique d’un studio de production de film X. Pour voir ses jaquettes et montages, direction Libido TV ! Si quelqu’un a déjà testé ce studio, qu’il ou elle se manifeste dans les commentaires, je serais mais alors TRÈS curieuse de savoir ce que ça donne (visez les films produits entre 2010 et 2016).

mes années les plus hard

Je pense qu’on l’aura compris à mon ton jusqu’ici : je n’ai pas trop accroché. Ni au dessin, qui fait un peu classique de la BD belge de bas étage, ni à l’écriture. Et pourtant je persiste et signe : le sujet est vraiment bon ! Je suis parfois tombé sur des séquences “backstage” à la fin de certains pornos que j’ai regardé avec intérêt pour en découvrir un peu plus sur l’envers du décor – mais pas filmées à la manière d’un documentaire, plutôt filmées sous le mode “expérience réelle”. Nicolin, dans Mes années les plus hard, décrit bien des anecdotes de plateau et du quotidien dans une entreprise du hard ; une par page pour être précise. Non vraiment, il y a des situations dans lesquelles on ne se retrouverait jamais en travaillant dans un bureau plus traditionnel. Il raconte par exemple qu’il n’aurait jamais pensé se faire engueuler par son boss pour avoir omis de filmer les seins d’une actrice lors d’une interview. Et allez faire passer un nez cassé suite à la chute d’un gode pour un accident du travail !

Dur cependant de ne pas spoiler un contenu qui, au mieux, m’a fait sourire. Ce que je regrette c’est que l’idée m’a fait sourire, mais pas son traitement scénaristique. J’ai réellement été laissée sur ma faim. Le point de vue adopté est souvent lourd, les blagues à la limite du misogyne, ce qui n’est pas non plus flatteur pour les hommes qui sont présentés comme ayant tous le cerveau dans le sexe et incapables de faire de la performance comparé aux hardeurs (les acteurs porno). On tombe vite dans de très gros clichés, alors qu’il y avait matière à faire bien mieux ! Au minimum j’aurais apprécié un discours bienveillant, mais au bingo du lourdingue, vous pouvez aussi cocher la grossophobie, la gérontophobie, et l’objectification. Le fil directeur, je vous le donne en mille : savoir si oui ou non il a couché avec l’une des actrices. Il vous faudra donc lire entre les lignes pour trouver des informations vraiment intéressantes sur cet emploi hors du commun.

Au fait, la préface est de Clara Morgane, mais si, vous savez, la célèbre actrice porno bimbo. Eh bien je dois dire que c’est la partie de la BD que j’ai préférée. J’aurais bien lu son livre à elle plutôt, car sa plume semble terriblement acérée.  

Un doigt de sarcasme, une pincée d'humour, et surtout, beaucoup de cul(ot). Vous l'aurez deviné, mon créneau ce n'est pas la cuisine.

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Revue de la bd “Mes années les plus hard”

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