Comment vit-on l’amour passé un certain âge et que les enfants ont quitté le nid ? Faut-il “grandir ou partir” ? La cinquantaine est une période de la vie durant laquelle de nombreux hommes et de nombreuses femmes reconsidèrent leur vie amoureuse et s’interrogent sur le sens à lui donner. Dans le livre Late Love, Avivah Wittenberg Cox partage son expérience personnelle, des pistes de réflexions et des exercices de coaching pour donner quelques billes à celles et ceux qui ont encore du mal à appréhender cette nouvelle phase de vie à deux.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare… ou avant c’est bien aussi !

L’arrivée de la pilule contraceptive dans les années 60 a offert une liberté considérable aux femmes pouvant en bénéficier. Depuis, l’âge du mariage, et celui de la procréation sont plus tardifs et aujourd’hui, il est plus aisé pour une femme de rompre une union qui ne convient plus. L’auteure nous rappelle également que “le troisième âge” est aujourd’hui un âge de plus en plus synonyme de vitalité, avec l’allongement de la durée de vie et des seniors de plus en plus en bonne santé. Ces facteurs font émerger de nouvelles questions sur la direction qu’on souhaite donner à la deuxième moitié de sa vie. C’est ainsi qu’Aviva Wittenberg Cox a décidé de quitter son mari et de vivre un nouvel amour, qui convenait mieux à ses aspirations, à ce qu’elle était désormais, pour vivre plus sereinement sa nouvelle phase de vie.

Une phrase traverse l’ouvrage en filigrane, c’est cette assertion de l’anthropologue Margaret Mead : “chaque femme a besoin de trois hommes dans sa vie. Le premier, comme amour de jeunesse ; le deuxième pour être le père de ses enfants ; le troisième, enfin, son compagnon de route pour la maturité.” Il ne s’agit pas d’un éloge de la séparation, en effet ces trois hommes peuvent être le même, mais pour cela, Avivah Wittenberg-Cox est très claire : “Il faut être deux pour trouver sans cesse l’équilibre du couple sur la corde raide de la vie; celui-ci demande des ajustements permanents, à chaque seconde, aux besoins et aux émotions de l’autre. Quand on cesse de s’adapter, on tombe, un point c’est tout.”

Late Love : il n’y a pas d’âge limite pour (faire) l’amour 

“Un des plus grands défis, quand on cherche l’amour après 40 ou 50 ans, c’est la rareté de l’offre”. Ajouté à cela, il y a la peur de la solitude, la crainte d’être hors norme, le besoin d’expliquer la situation aux enfants, mais aussi le jugement des autres qui estiment généralement que “le quitteur porte le chapeau, le quitté est considéré comme une victime.” Tant d’éléments qui peuvent être des freins à ce courage de se retrouver et de donner un nouveau souffle à sa vie amoureuse. Sans compter que “le couple a changé parce que le statut des femmes a changé, tout comme l’équilibre des pouvoirs entre les sexes”. Même s’il reste encore des combats à mener sur ce terrain, combien d’hommes sont déjà désarçonnés s’ils ont une compagne qui gagne plus, a plus d’autorité dans le monde professionnel qu’eux, ou tout simplement réussit à mener parfaitement sa carrière ? Ces évolutions impactent nécessairement les couples et demandent de s’adapter.

livre late love

Pour motiver et aider chacune à trouver la force de choisir face à l’hésitation, des chapitres “boîtes à outils” sont disponibles dans Late Love. Dans ces passages, différents exercices à effectuer, questionnaires, sources de livres à lire ou de vidéos à regarder sont conseillés. Avivah Wittenberg Cox étant canadienne, la méthode est très anglo-saxonne dans la démarche : conseils pratiques de type coaching mêlés à des récits de vie. Cela a sûrement le mérite d’offrir un cadre pédagogique simple aux personnes ayant besoin d’un encadrement étapes par étapes dans leurs réflexions, bien que je n’y adhère pas personnellement.

Dans l’article Mamie aime tricoter. Se mettre des doigts aussi, nous tentions de décortiquer le tabou autour de la sexualité des seniors. Nous parlions notamment du fait que lorsque vos enfants se mettent eux-mêmes à avoir des enfants, c’est une double asexualisation qui entre en jeu : si la figure de mère asexualise déjà la femme dans la société (tout en générant des fantasmes… bonjour les MILFS), la figure de la grand-mère achève complètement la sexualité des femmes. En ceci, le livre Late Love est un souffle de vie bienfaiteur, rappelant à toutes les femmes qu’il n’y a pas un âge limite pour rêver et vivre de nouveaux amours, ainsi que profiter d’une sexualité épanouie. Jeunes ou moins jeunes, nous sommes toutes concernées par le vieillissement et cela fait du bien de lire qu’il reste possible à tout âge de s’autoriser à s’amuser, à niquer, à kiffer !

Le livre Late Love est édité par notre partenaire les Editions Eyrolles, et disponible au prix de 20€ (version papier) et 13,99€ (version numérique) sur leur site officiel.

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.