À presque 40 ans et après un divorce, Jean a dû reconfigurer sa vie affective et sexuelle. Gestion de la solitude, recherche d’un nouvel amour sur les sites de rencontre, remise en question de sa propre sexualité, tout ceci n’est pas toujours évident à vivre et la libido peut vite s’effondrer. Pour Jean, deux éléments ont contribué à sauver sa sexualité et à la rendre plus épanouissante : une femme à l’aise sexuellement et les films pornographiques. Il a souhaité partager son témoignage.

Rencontrer une femme qui assume sa sexualité

” J’ai vécu plus de 10 ans avec une femme que j’aimais. Mais d’un point de vue sexe, c’était pratiquement le désert. Elle avait très peu d’envies et je me suis calqué dessus, sans nécessairement me rendre compte que cela me frustrait. J’en avais vaguement conscience, sans vraiment oser me l’avouer pendant notre mariage. 

Le manque de sexe dans mon couple a commencé à me frustrer et j’ai consommé de plus en plus de films X. J’ai fini par développer une certaine sexualité solitaire autour de ça. Puis ma femme m’a quitté. Ç’a été un électrochoc qui m’a fait revoir ma vie. J’ai donc fait face à la réalité de ma sexualité frustrée et décidé d’agir sur ce point.

Je me disais qu’a 37 ans, sans vie sociale très active, le meilleur endroit pour faire des rencontres comme je le voulais était les sites de rencontre. Je connaissais bien les codes de ce genre de site, comme j’avais travaillé dans le milieu et j’ai donc rapidement obtenu du succès. Je suis tombée sur une femme plus âgée que moi, qui assumait sa sexualité et avait une certaine expérience. Nos ébats ont été très intenses et passionnés dès le début et ont évolué pendant les mois de notre relation. Cette rencontre a beaucoup participé au développement ma sexualité.

Passer d’une femme pas vraiment au clair avec sa sexualité à une femme qui l’assume pleinement, ça change un homme !

Cette relation est clairement un des principaux facteurs, sinon le principal, du développement de ma confiance en moi en général et, évidemment, de ma sexualité. Non seulement j’ai pu vivre avec elle de nouvelles expériences sexuelles bien plus satisfaisantes mais nous avions (et avons toujours) l’habitude de parler énormément de sexualité, de la place qu’elle peut avoir dans la vie, dans un couple… C’est d’ailleurs en discutant avec elle que je me suis (re)posé la question du rôle du porno dans ma vie. 

Le rôle positif du porno pour mieux connaître sa sexualité

Je n’irai pas jusqu’à dire que je dois ma sexualité au porno – il n’a été ni le déclencheur ni le moteur principal des changements survenus sur plan. Néanmoins, je pense qu’il a joué un rôle positif dans ma vie.

Contrairement aux idées souvent entendues, le porno ne m’a pas donné une image irréaliste du sexe ou empêché d’avoir de vraies relations satisfaisantes.

Pendant mon mariage, je crois que le porno a été à la fois bon et mauvais pour moi. Il m’a certainement aidé à garder une libido active. Associés à la lecture d’articles sexo, il m’a permis de découvrir ce que pouvait être la sexualité, d’explorer mes envies et désirs même si les choses ne bougeaient pas beaucoup dans mon couple. Il faut dire que même avant mon mariage, je n’avais pas eu une sexualité très développée. Ado et jeune adulte, je n’ai pas été très entreprenant et ma vie sexuelle n’avait donc jamais été très active avant l’an dernier.

D’un autre côté, je pense que le porno a aussi creusé l’écart entre ce que je savais possible et ce que je vivais dans mon couple, rendant les choses plus difficiles. Au final, le porno a rendu mon insatisfaction plus grande : j’étais de plus en plus conscient que le peu de sexe que j’avais n’était pas très “qualitatif” non plus – malgré tout l’amour et le désir que je pouvais éprouver pour ma femme.

Bien qu’il y ait eu ce contre-effet, je pense que le porno a eu avant tout un rôle positif pour ma sexualité. Quand ma femme m’a quitté, je ne me suis pas retrouvé avec une sexualité éteinte ou en berne depuis des années. J’avais au contraire une libido assez éveillée. Je pense que la possibilité d’accomplir les désirs et envies que j’ai entretenu et développé avec le porno fait partie des choses qui m’ont aidé à rapidement surmonter la fin de mon mariage et reprendre ma vie en main.

Je n’avais pas d’expérience mais ma consommation de porno m’a donné une sorte de connaissance documentaire que je peux maintenant activer.
Il m’est arrivé plusieurs fois de me dire “j’ai vu ça dans un porno, ça m’a l’air bien, je le tente”. Non seulement sous forme de fantasme d’anticipation, mais aussi en pleine action, du genre “je me souviens d’une scène, ça se passait a peu près comme maintenant, puis le mec a fait ça…” et de faire pareil. C’est en ce sens que je parle de connaissance documentaire. Pour faire une comparaison, c’est un peu comme avec certaines émissions culinaires : avoir vu le chef réaliser une recette ou un geste permet de mieux savoir faire quand on se retrouve aux fourneaux.

Même si j’ai maintenant une vie sexuelle nettement plus active et satisfaisante, il m’arrive encore de consommer du porno en solitaire. Je consomme essentiellement sur des sites porno gratuits, il m’arrive aussi de regarder des photos mais je ne suis pas un fan des camgirls. Forcément, je ne regarde plus le porno de la même manière. L’évolution de ma sexualité se ressent aussi sur ce plan.

Je dirais que j’aime le porno qui, d’une certaine manière, ressemble à ce que je vis avec mes partenaires, et j’aime vivre avec elles des moments qui, parfois, ressemble à du porno que j’ai vu.”

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.