Quand quelque chose provoque en vous de la peur et de la honte, vous avez juste envie de l’éviter. Etre au courant des risques d’IST (Infections Sexuellement Transmissibles) ne génère pas toujours des attitudes de prévention (sexe sans risque). La peur de les attraper, en plus de la stigmatisation des personnes qui en sont porteuses, finissent par affecter notre santé physique en nous empêchant de découvrir que nous les avons et de bien les gérer quand nous les avons. 1 1. Arellano GMC, Castro VMC. “El estigma en mujeres diagnosticadas con VPH, displasia y cáncer cervicouterino en Hermosillo, Sonora.” Estudios Sociales. 21(42). (2013): 259-278. <http://www.scielo.org.mx/pdf/estsoc/v21n42/v21n42a11.pdf>.
2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 3. Parker R, Aggleton P,  Attawell K, Pulerwitz J, Brown L. “HIV/AIDS-related Stigma and Discrimination: A Conceptual Framework and an Agenda for Action. Population Council: New York.” Horizons Program. (2002): 22. <https://pdfs.semanticscholar.org/ef36/6210580303e5c23d9e5cb1197b74548c97c2.pdf>

La honte pousse les gens à ne pas se faire examiner pour les IST et à ne pas prendre soin d’eux-mêmes s’ils les contractent.

Qu’est-ce que la stigmatisation ?

Toutes les sociétés du monde ont des moyens de contrôle sur la manière d’agir et d’interagir de leurs membres. Bien souvent malheureusement, la résistance face aux changements et aux choses considérées comme “trop différentes” finissent par définir ce qui est “bien” ou “mauvais”. Cela donne plus de pouvoir aux groupes de personnes qui ont déjà plus de pouvoir que d’autres dans la société. 2 1. Arellano GMC, Castro VMC. “El estigma en mujeres diagnosticadas con VPH, displasia y cáncer cervicouterino en Hermosillo, Sonora.” Estudios Sociales. 21(42). (2013): 259-278. <http://www.scielo.org.mx/pdf/estsoc/v21n42/v21n42a11.pdf>. 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 4. Zucchi EM, Paiva VF, França JI. “Intervenções para Reduzir o Estigma da Aids no Brasil: Uma Revisão Crítica”. Temas em Psicologia. 21(3). (2013): 1067-1087. <https://www.redalyc.org/pdf/5137/513751772017.pdf>.

Les stigmatisations sont des évaluations négatives qu’une société attribue en général à certaines attitudes et groupes de personnes. 3 1. Arellano GMC, Castro VMC. “El estigma en mujeres diagnosticadas con VPH, displasia y cáncer cervicouterino en Hermosillo, Sonora.” Estudios Sociales. 21(42). (2013): 259-278. <http://www.scielo.org.mx/pdf/estsoc/v21n42/v21n42a11.pdf>. 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 4. Zucchi EM, Paiva VF, França JI. “Intervenções para Reduzir o Estigma da Aids no Brasil: Uma Revisão Crítica”. Temas em Psicologia. 21(3). (2013): 1067-1087. <https://www.redalyc.org/pdf/5137/513751772017.pdf>. 5. Castro A, Farmer P. “Understanding and Addressing AIDS-Related Stigma: From Anthropological Theory to Clinical Practice in Haiti”. American Journal of Public Health. 95(1). (2005): 53-59. <https://ajph.aphapublications.org/doi/pdf/10.2105/AJPH.2003.028563>. 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>. Certaines stigmatisations modernes provoquent chez les gens des tonnes de peur d’être jugé-es sur des décisions prises à propos de leurs corps, leurs identités et leurs préférences – notamment pour les personnes qui ont des chattes* et les personnes qui ne conforment pas aux normes de genres. Les stigmatisations créent de la discrimination envers les personnes considérées hors-norme. Elles amènent la société à éviter certaines choses ou personnes et nous isolent tous-tes.

Les personnes qui étudient ce sujet divisent les stigmatisations en deux types : “stigmatisations perçues” et “auto-stigmatisation”. Les stigmatisations perçues sont le rejet de personnes qui ont des caractéristiques vues comme négatives par la société. Les auto-stigmatisations sont les peurs d’être discriminé-e ou rejeté-e quand on pense avoir les caractéristiques qui stigmatisent. 4 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>.

Parlons du Slut Shaming

Slut Shaming: on peut traduire cette expression en français par “humiliation des salopes”.

Historiquement, dans l’imaginaire collectif , les IST étaient la faute de personnes ayant des chattes*. C’est un phénomène documenté appelé “la féminisation des IST”. C’est là depuis des siècles, cela évolue mais maintient toujours cette discrimination basée sur le genre et crée toujours de l’inégalité en matière d’accès à la santé et au pouvoir. 5 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 3. Parker R, Aggleton P,  Attawell K, Pulerwitz J, Brown L. “HIV/AIDS-related Stigma and Discrimination: A Conceptual Framework and an Agenda for Action. Population Council: New York.” Horizons Program. (2002): 22. <https://pdfs.semanticscholar.org/ef36/6210580303e5c23d9e5cb1197b74548c97c2.pdf>. Depuis le commencement, où les personnes ayant des chattes* étaient à blâmer en général, à une forme actuelle qui cible plus les travailleuses du sexe et les personnes détentrices de chattes* qui jouissent librement de leur sexualité. 6 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 3. Parker R, Aggleton P,  Attawell K, Pulerwitz J, Brown L. “HIV/AIDS-related Stigma and Discrimination: A Conceptual Framework and an Agenda for Action. Population Council: New York.” Horizons Program. (2002): 22. <https://pdfs.semanticscholar.org/ef36/6210580303e5c23d9e5cb1197b74548c97c2.pdf>. 7. García J, Parker R. “From global discourse to local action: the makings of a sexual rights movement?” Horizontes Antropológicos. 26. (2006): 13-41. <http://socialsciences.scielo.org/pdf/s_ha/v3nse/scs_a03.pdf>. 8. Muñoz-Laboy M, Vasquez AE, Parker R. “Globalización, violencia estructural y salud: Algunos comentarios desde la inequidad, estigma social y discriminación” Boletín electrónico del proyecto Sexualidades, Salud y Derechos Humanos en América Latina, nº 3, año 1.

Cela représente un double standard horrible. Qu’est-ce qu’un double standard ? C’est quand certains groupes de la société mettent la pression – aussi bien ouvertement que d’une manière dissimulée derrière l’idée de moralité – pour que d’autres groupes agissent d’une façon considérée comme “bonne”, pendant qu’eux-mêmes agissent différemment en privé qu’en public, ou font exactement ce qu’ils affirment être une mauvaise chose. Par exemple : le travail du sexe ou le simple désir de sexe. 7 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 10. Sierra, Juan Carlos, Rojas A, Ortega V, MO JD. “Evaluación de actitudes sexuales machistas en universitarios: primeros datos psicométricos de las versiones españolas de la Double Standard Scale (DSS) y de la Rape Supportive Attitude Scale (RSAS).” International Journal of Psychology and Psychological Therapy. 7. (2007): 41-60.<http://www.redalyc.org/articulo.oa?id=56070104>. Dans beaucoup de cultures, c’est normal et même cool pour les machos de vouloir et rechercher beaucoup de sexe. Si une personne avec une chatte* veut ou recherche beaucoup de sexe, c’est une “salope”.

Et pendant que la société demande aux personnes avec chatte* de nier leur sexualité, elle nous apprend simultanément que notre sexualité constitue notre valeur. Cela mène à différents types de problèmes, dont le fait que nous recherchons de l’affection à travers le sexe. 8 10. Sierra, Juan Carlos, Rojas A, Ortega V, MO JD. “Evaluación de actitudes sexuales machistas en universitarios: primeros datos psicométricos de las versiones españolas de la Double Standard Scale (DSS) y de la Rape Supportive Attitude Scale (RSAS).” International Journal of Psychology and Psychological Therapy. 7. (2007): 41-60.<http://www.redalyc.org/articulo.oa?id=56070104>. C’est une violence systémique et cela blesse notre santé émotionnelle et physique.

Le danger du Slut Shaming

Plusieurs études ont montré que la peur, la culpabilité et la honte qui accompagnent les stigmatisations liées aux IST rendent les personnes moins enclines à dépister les IST, et quand elles le font, elles sont moins susceptibles de demander un traitement. 9 1.
Arellano GMC, Castro VMC. “El estigma en mujeres diagnosticadas con VPH, displasia y cáncer cervicouterino en Hermosillo, Sonora.” Estudios Sociales. 21(42). (2013): 259-278. <http://www.scielo.org.mx/pdf/estsoc/v21n42/v21n42a11.pdf>. 5. Castro A, Farmer P. “Understanding and Addressing AIDS-Related Stigma: From Anthropological Theory to Clinical Practice in Haiti”. American Journal of Public Health. 95(1). (2005): 53-59. <https://ajph.aphapublications.org/doi/pdf/10.2105/AJPH.2003.028563>. 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>. 8. Muñoz-Laboy M, Vasquez AE, Parker R. “Globalización, violencia estructural y salud: Algunos comentarios desde la inequidad, estigma social y discriminación” Boletín electrónico del proyecto Sexualidades, Salud y Derechos Humanos en América Latina, nº 3, año 1. 9. Torres Falcón, Marta. “Prostitución y violencia de génerol.” Dfensor Revista de derechos humanos. Comisión de derechos humanos del Distrito Federal: México (2011): 20-27. <https://cdhdf.org.mx/wp-content/uploads/2014/05/dfensor_01_2011.pdf>. 11. Cunningham, Shayna. “Relationships Between Perceived STD-Related Stigma, STD-Related Shame and STD Screening Among a Household Sample of Adolescents.” Perspect Sex Reprod Health. 41(4). (2009): 225–230. <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4334654/>.
Le Slut shaming est une des causes principales des diagnostics tardifs. Par crainte que les soignant-es les culpabilisent pour leur conduite (être des “salopes”), plusieurs personnes avec chattes* ne se rendent pas chez le/la gynécologue jusqu’à ce que leurs symptômes deviennent impossibles à ignorer. 10 2. Gayet, Cecilia. “Infecciones de transmisión sexual en México: una mirada desde la historia y el género.” Censida: Ciudad de México. Colección Ángulos del Sida. (2015): 370. <http://www.censida.salud.gob.mx/descargas/biblioteca/ITS_en_Mex_una_mirada.pdf> 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>. 8. Muñoz-Laboy M, Vasquez AE, Parker R. “Globalización, violencia estructural y salud: Algunos comentarios desde la inequidad, estigma social y discriminación” Boletín electrónico del proyecto Sexualidades, Salud y Derechos Humanos en América Latina, nº 3, año 1. Si les symptômes s’aggravent, il est probable que la maladie s’aggrave aussi. Les stigmatisations nuisent à notre santé.

Plus de slut shaming, prenons juste soin de notre chatte*

Il n’existe pas de bonnes chattes* et de mauvaises chattes*. Il y a des chattes* malades et des chattes* négligées, et des chattes* heureuses et en santé. Apprenons le sexe sans risque ! Allez régulièrement chez le/la gynécologue et pas uniquement quand il y a un problème. Si un docteur vous fait vous sentir honteuse envers vos décisions, cherchez-en un autre. Il n’y a pas de raison de tolérer cela. (Si vous n’arrivez pas à trouver de docteur qui ne vous culpabilise pas, essayez du mieux que vous pouvez de ne pas vous sentir gênée de chercher de l’aide si besoin. Quoi qu’il se soit passé, vous n’êtes pas une “salope” et ne le serez jamais.)

Cela est probable que plus vous avez de partenaires sexuels, plus vous avez des chances de contracter une IST, mais ce n’est pas lié uniquement à l’acte lui-même; c’est lié aux informations que vous avez et aux précautions que vous prenez. Cela dépend aussi de votre liberté à les obtenir. 11 1. Arellano GMC, Castro VMC. “El estigma en mujeres diagnosticadas con VPH, displasia y cáncer cervicouterino en Hermosillo, Sonora.” Estudios Sociales. 21(42). (2013): 259-278. <http://www.scielo.org.mx/pdf/estsoc/v21n42/v21n42a11.pdf>. 5.
Castro A, Farmer P. “Understanding and Addressing AIDS-Related Stigma: From Anthropological Theory to Clinical Practice in Haiti”. American Journal of Public Health. 95(1). (2005): 53-59. <https://ajph.aphapublications.org/doi/pdf/10.2105/AJPH.2003.028563>. 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>. 9.
Torres Falcón, Marta. “Prostitución y violencia de génerol.” Dfensor Revista de derechos humanos. Comisión de derechos humanos del Distrito Federal: México (2011): 20-27. <https://cdhdf.org.mx/wp-content/uploads/2014/05/dfensor_01_2011.pdf>.
La liberté va de pair avec la responsabilité. Le sexe sans risque est le meilleur moyen de prendre soin de soi et de prendre du plaisir en même temps. Il existe aussi des personnes qui ne sont pas libres, comme dans le cas de certaines travailleuses du sexe, des personnes dans des relations avec violence conjugale et dans les cas de viols. 12 9.
Torres Falcón, Marta. “Prostitución y violencia de génerol.” Dfensor Revista de derechos humanos. Comisión de derechos humanos del Distrito Federal: México (2011): 20-27. <https://cdhdf.org.mx/wp-content/uploads/2014/05/dfensor_01_2011.pdf>. 4. Zucchi EM, Paiva VF, França JI. “Intervenções para Reduzir o Estigma da Aids no Brasil: Uma Revisão Crítica”. Temas em Psicologia. 21(3). (2013): 1067-1087. <https://www.redalyc.org/pdf/5137/513751772017.pdf>. 6. Gutierrez ZL, Cantos SM; Luzuriaga SM; Venenaula OA, Montaño PG, Loor VG. “VPH y cáncer cervicouterino como un estigma social: un estudio desde el punto de vista psicosocial.” Dominio de la Ciencia. 4(4). (2018): 25-35 <http://dominiodelasciencias.com/ojs/index.php/es/article/view/820/pdf>.
Ces situations sont déjà horribles et personne ne devrait ajouter de la violence en y injectant plus de honte.

Vous n’êtes pas seul-es, alors n’abandonnez pas les autres. La solidarité est un moyen de mobiliser et légitimer nos combats sur les plans juridiques et politique, de manière à changer le tissu culturel qui les crée ! 13
Parker R, Aggleton P,  Attawell K, Pulerwitz J, Brown L. “HIV/AIDS-related Stigma and Discrimination: A Conceptual Framework and an Agenda for Action. Population Council: New York.” Horizons Program. (2002): 22. <https://pdfs.semanticscholar.org/ef36/6210580303e5c23d9e5cb1197b74548c97c2.pdf>.

Article traduit en français par Desculottées et publié originellement en anglais sur Pussypedia par l’auteure mexicaine Itzel Patricia Ortega Hernández.

*Le mot “chatte” est utilisé afin de coller à l’utilisation du terme “pussy” utilisé volontairement sur Pussypedia.

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.