Porter un préservatif ou se retirer au bon moment durant l’acte sexuel, tout le monde connaît, mais d’autres méthodes de contraception masculine existent. La contraception est un sujet qui pèse à tort sur les femmes en majorité. Un couple faisant l’amour implique deux personnes responsables de ce qui se passe et des risques encourus. Il n’y a pas de raison viable pour que les femmes portent seules la charge mentale de la contraception. La contraception masculine ou féminine est en fait une contraception de couple, même si vous n’êtes pas en couple, et encore plus si vous l’êtes. Entre manque d’informations du public et manque de formations du milieu médical, le tabou est général et la contraception masculine reste entourée d’un halo de mystère. Démystifions tout cela et regardons les solutions existantes.

Le préservatif

Dès l’époque romaine, le préservatif est utilisé comme moyen de protection. La différence est qu’on utilisait des vessies d’animaux, au lieu du latex ou polyuréthane d’aujourd’hui. Aux XVIIIè et XIXè siècle, il est avant tout utilisé pour se protéger des maladies, notamment dans les milieux libertins et de prostitution, plus que pour parer d’éventuelles grossesses. C’est à partir de 1930 que débarquent les préservatifs en latex synthétique.

Niveau utilisation, il convient pour la pénétration vaginale, pénétration anale et la fellation. Le préservatif reste un des moyens les plus sûrs pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses indésirables, à condition de bien le mettre, de choisir la bonne taille, qu’il ne soit pas abîmé ou périmé (au bout de 5 ans généralement). Il est également conseillé d’utiliser un lubrifiant à base d’eau pour faciliter la pénétration et s’assurer de ne pas endommager le préservatif. Par ailleurs, il existe désormais des préservatifs remboursés par la Sécurité Sociale.

Le retrait

Cette méthode, probablement vieille comme le monde, consiste à ce que l’homme se retire du vagin de sa partenaire juste avant l’éjaculation, pour éviter d’éjaculer à l’intérieur ou à l’entrée du vagin. Cela demande donc à l’homme d’être entièrement présent à l’acte sexuel et d’écouter son corps, afin d’être en mesure de distinguer les signes de l’éjaculation à venir. Il faut savoir que le liquide pré-éjaculatoire contient assez de spermatozoïdes pour féconder l’ovocyte aussi. Contrairement à ce qui se dit habituellement, la méthode du retrait n’implique pas juste de vouloir contrôler un réflexe (par essence, un réflexe est incontrôlable), mais bien de se discipliner et de ne pas juste penser à son plaisir de « jouir dedans », sans vouloir se soucier de rien. Il n’y a pas de désir masculin incontrôlable et parler ainsi revient à dé-responsabiliser les hommes de leur part du boulot dans la contraception. A partir de là, cela demande donc à la femme d’avoir une pleine confiance en son partenaire, pour utiliser cette méthode de contraception. Pour se prémunir d’autant plus du risque de grossesse, on peut conseiller à la femme de surveiller son cycle en parallèle, en s’aidant par exemple d’une application dédiée aux règles, pour connaître sa période de fertilité. C’est une méthode qui convient si vous ne pouvez / ne souhaitez recourir à aucune autre méthode contraception, et que vous êtes dans une réelle relation de confiance. Si le retrait peut empêcher une grossesse, il ne protège pas du tout contre les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et MST (Maladies Sexuellement Transmissibles).

La vasectomie

La vasectomie est une méthode de stérilisation volontaire et donc une méthode de contraception permanente, autorisée depuis 2001 en France. Très peu pratiquée en France (0,3% des hommes en 2013 selon l’ONU), elle est beaucoup plus répandue dans les pays anglo-saxons (plus de 20% des hommes au Canada ou en Grande-Bretagne). C’est une opération qui prend seulement quelques minutes et effectuée sous anesthésie locale, contrairement à la méthode de stérilisation féminine plus compliquée. La vasectomie consiste à couper et bloquer les canaux déférents dans lesquels passent les spermatozoïdes depuis les testicules. C’est une méthode très efficace pour ne plus ou ne jamais avoir d’enfants, car considérée comme fiable à 99,8% selon la Haute Autorité de Santé 1 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2013-05/contraception_freins_reco2clics-5.pdf#page=27 . La stérilisation est permanente mais non irréversible, il existe une opération pour reconstruire les canaux, appelée vasovasostomie. Cependant, les chances de grossesse ne sont que de 40-50% ensuite.2 https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Sterilisation.pdf#page=26 . Par ailleurs, il est possible de congeler son sperme avant l’opération , pour une éventuelle future procréation médicale assistée. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre article informatif sur la vasectomie ou à lire les témoignages recueillis d’hommes qui ont choisi cette méthode de stérilisation. Il est sûrement bon de rappeler que l’érection et la libido ne sont absolument pas affectés par l’opération.

La méthode hormonale

Cela fait une trentaine d’années que les méthodes de contraception hormonale masculine existent en France, pourtant on en entend jamais parler. Autant la pilule des femmes est intégrée dans le cerveau de tout le monde, autant côté masculin, on dirait que c’est le néant. Pourtant, il existe une contraception hormonale masculine qui implique de faire des injections hebdomadaires de testostérone et validée par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui a indiqué une efficacité sur 98% des sujets. 3 https://www.caducee.net/DossierSpecialises/reproductive/Les-hommes/methode-masculine-expe1.asp . Une injection par semaine peut paraître contraignant, mais on est encore bien loin de la pilule quotidienne des femmes ! La méthode hormonale est efficace trois mois après le début du traitement, puis l’efficacité peut être facilement vérifiée au cours du traitement grâce à des spermogrammes. Cependant, par manque d’étude menée à long terme sur ce moyen de contraception, l’OMS recommande un usage limité à dix-huit mois par mesure de précaution. En France, seuls les médecins hospitaliers Jean-Claude Soufir et Roger Mieusset prescrivent la méthode hormonale, indique le site officiel de l’Association pour la Recherche et le Développement de la Contraception Masculine (Ardecom). Ça fait très peu et ça en dit long sur le tabou autour de ce sujet, même dans le milieu médical ! Le site précise que pourtant cette méthode a été validée et expérimentée sur 1 500 hommes par l’OMS, tandis que la pilule est prescrite aux femmes, suite à une étude faite sur seulement 200 femmes par le Dr Pincus !

La méthode thermique ou “slip chauffant”

La méthode thermique consiste en une augmentation légère de la température des testicules à l’aide d’un sous-vêtement adapté, qui va placer les testicules dans une certaine position pour qu’ils chauffent naturellement. Le slip fait passer la température des testicules de 34°C à 37°, sachant que la fabrication de spermatozoïdes ne peut avoir lieu qu’en deçà de 35°C. 4 http://sante.lefigaro.fr/article/contraception-masculine-entre-petites-avancees-et-grandes-desillusions/ . Le sous-vêtement doit être porté tous les jours, 15 heures par jour, et durant la journée. C’est une méthode qui met environ trois mois pour être efficace (le temps que s’effondre le nombre de spermatozoïdes) ou cesser de l’être. 5 https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/14/contraception-masculine-quelles-sont-les-methodes-disponibles-en-france_5241485_3224.html . Pour l’instant, seul le Dr Mieusset basé à Toulouse, fournit le sous-vêtement et assure le suivi médical. Pour plus d’informations sur cette contraception masculine, rendez-vous sur la fiche complète de l’Ardecom. À noter que cette contraception n’est pas encore reconnue par l’OMS et très peu d’études sont encore disponibles, pourtant le Dr Mieusset affirme qu’aucun des couples suivis n’a subi de grossesse non désirée et compte publier une étude malgré le manque de financement pour faire des essais cliniques. 6 http://sante.lefigaro.fr/article/contraception-masculine-entre-petites-avancees-et-grandes-desillusions/ .