Elles viennent de Paris, de Rennes ou d’ailleurs; elles sont célibataires, mères ou grand-mères ; elles ont entre 22 et 58 ans et ont toutes accepté de répondre à nos questions concernant leur rapport au maquillage. Meilleur ami ou meilleur allié, le make-up est pour certaines une obligation, un gilet de sauvetage, une passion mais aussi parfois une contrainte. Par des notes vocales très touchantes, des direct messages sur Instagram, de jolis mails ou des messages Whatsapp, voici ce qu’elles ont accepté de nous dévoiler.

Instagram Anja Karboul

La relation des femmes avec le make-up

Il est loin le temps où le khôl servait aux Egyptiens à produire des larmes pour se parer des vents des sables. Aujourd’hui, 75% des Françaises avouent se maquiller régulièrement 1 Etude Simon-Kucher en partenariat avec Research Now sur un  échantillon de 1 000 acheteuses représentatif de la population française. Février 2016. , les produits bio et vegan ainsi que le mouvement du no make-up gagnent du terrain, nous avons voulu ouvrir le débat quant à la relation qu’entretient personnellement chaque femme avec le maquillage et savoir ce qu’elles ressentaient une fois maquillées. C’est un sujet inépuisable, des questions presque insolvables, car ce qui est vrai pour une femme ne l’est pas pour une autre. Loin de se cantonner à sa définition superficielle, à savoir “l’action de mettre en valeur les qualités esthétiques du visage et d’en dissimuler les défauts à l’aide de produits cosmétiques colorés”, la relation d’une femme avec le maquillage se tisse dès l’enfance, en héritage des femmes de sa famille, se construit à l’adolescence et le lot d’ingratitude qu’elle renferme et évolue au fil d’une vie. Ce sont justement ces histoires que l’on a voulu mettre en lumière.

Si j’ai voulu étudier ce sujet, c’est aussi parce que j’y suis sensible. Je ne me maquille plus depuis 5 ans et si je connais les raisons qui m’y ont poussé de façon assez naturelle et instinctive, je n’en reste pas moins fascinée par le rôle et l’importance du maquillage dans la vie des femmes. Commencer par vous raconter mon histoire avant de faire honneur à celles des femmes que j’ai interrogées peut paraître discourtois. Mais je pense que cela justifie mon approche et surtout ma bienveillance quant à la diversité des avis. Pour ma part, je ne me maquille pas. Jamais, même pour les occasions spéciales, les entretiens, les rendez-vous amoureux ou autre.

Pour autant, je ne me sens nullement négligée car j’entretiens mon visage, mes dents, je m’épile régulièrement et fais du sport. Mais je n’ai jamais aimé me mettre des produits cosmétiques autres que des soins sur le visage : je trouve les rouges à lèvres collants, les fonds de teint graissent ma peau et le mascara me parait agressif pour les cils. Je ne blâme pas les produits eux-mêmes, certains sont excellents, mais c’est personnel : je me sens totalement moi-même le visage nu alors que j’ai l’impression d’être déguisée quand je suis maquillée. Je me suis d’ailleurs entièrement démaquillée et décoiffée sur un coup de tête juste avant de faire le discours de mariage de mon frère, afin de ne pas me gâcher ce moment en étant mal à l’aise. Après, je ne dis pas que c’est facile tous les jours, j’ai parfois des boutons hormonaux, des cernes ou le teint terne, mais je laisse mon visage comme cela car je me préfère ainsi. Le regard des autres n’a été que très positif face à cela.

Dove Girl Print @etsy

Le maquillage comme héritage

Mais si je vous affirme que je ne me maquille pas juste à cause de ma peau, ça serait vous mentir. Je pense que je tiens aussi ce “je-m’en-foutisme” envers le maquillage grâce à ma mère. Etant une très belle femme naturellement, elle ne m’a jamais transmis de leçons de coquetterie, estimant sûrement que ce qui s’appliquait à son bien-être s’appliquerait par ricochet au mien, a compliqué ma relation avec le maquillage dans le cadre d’une éducation assez stricte (punitions lorsqu’elle me trouvait à l’improviste à la sortie du lycée maquillée, achat de cosmétiques uniquement en cas de bonnes notes, ce qui limitait drastiquement mon stock pendant toute ma scolarité au vu de mon carnet de notes). C’est donc naturellement que j’ai commencé par son témoignage pour ouvrir la marche de cet article :

Dans ma jeunesse, la mode était aux vestes à épaulettes, aux bottes à talons portées avec des jupes serrées, les cheveux retenus par un serre-tête façon Stéphanie de Monaco. Les pommettes sont oranges et les lèvres rose fushia. Puis, dans les années 90, je suis devenue maman et là, le summum du luxe c’est d’avoir la fameuse Terracotta de Guerlain, on l’a ou on l’a pas.  Au fur et à mesure, sortir sans maquillage ne m’a plus posé problème, personne ne m’a jamais appris la technique et finalement je n’ai jamais eu envie d’apprendre et de perdre du temps dans quelque chose que je trouve superflu. Mais je comprends totalement les femmes qui en ont besoin. Etre une femme avec ou sans, c’est notre luxe.

Vogue, 1988

Devenue grand-mère l’an dernier, ma mère adapte désormais son maquillage aux situations : par exemple, elle prend soin de ne pas mettre de rouge à lèvres quand elle garde ma nièce, pour pouvoir lui faire des bisous, et applique enfin mes conseils de ne jamais se maquiller les yeux et les lèvres quand ça lui prend. Visiblement, la maternité peut également être un facteur de changement dans la relation des femmes au maquillage. C’est également le cas d’Aurore, une de mes anciennes camarades de danse qui se confie : “jeune, il était totalement impossible que j’aille même acheter le pain sans être maquillée ! Et puis un jour, tu vieillis et tu as des enfants, et alors là tu t’en fiches !”

Puis, c’est au tour de mon amie Caroline de me parler de sa mère :

La mienne, c’est pareil, elle ne se maquille pas beaucoup elle s’en fiche d’avoir plein de cosmétiques, le mascara dernier cri.. .elle est assez maladroite par rapport à ça. Du coup, je la maquille un peu pour les fêtes de Noël par exemple, je lui montre comment mettre en avant ses longs cils, son regard. Forcément, cette éducation m’a influencé. Depuis, j’ai toujours pris soin de paraître toujours naturelle.

Le fait de se maquiller serait d’abord une question familiale et d’éducation. Pour Ambre, ma cousine par alliance, sa relation au maquillage s’est construite autour d’une réflexion de son père :

Le fait que je me maquille si discrètement aujourd’hui ne résulte pas vraiment d’un choix. La première fois que j’ai mis du noir sous mes yeux j’avais 15 ans, et mon père (peu conservateur ni même attentif à mes nombreux changements de style de l’époque) a bien failli faire une syncope en me voyant. Esthète de la beauté naturelle dans toutes ses déclinaisons, il m’a dit que j’étais très belle, mais que je ressemblais à un camion volé. Cette réflexion pourtant anodine m’a humiliée. J’ai enlevé mon trait d’eye liner et n’en ai plus jamais remis. À presque 30 ans, je me sens enfin assez téméraire pour mettre du mascara ou un rouge bien marqué. Mais je n’ai jamais sauté le pas et maquillé ma peau par peur de me transformer en pot de peinture mal fardé.

L’enfer, c’est les autres. Surtout leur regard

Nancy est une de mes anciennes collègues. Elle me confie que son adolescence a été loin d’être facile : on se moquait d’elle car elle était plus petite que ses camarades. Alors elle a décidé de se maquiller pour être vue et remarquée pour autre chose que son gabarit. Elle témoigne :

J’ai commencé à me maquiller suite à des réflexions de mes camarades, j’ai commencé à piquer des affaires dans la trousse de beauté de ma maman. Et là, le regard des autres a changé et aujourd’hui, ce regard est toujours important pour moi. On s’est tellement ancrés de complexes liés aux diktats de la société que c’est pas facile de s’en débarrasser. Je pense avoir encore du travail à faire pour m’affranchir de cette peur du jugement et toujours me demander si on me trouverait aussi belle sans maquillage.

Le regard des autres à l’adolescence peut être destructeur pour notre propre construction intérieure, mais celui des hommes que l’on aime peut l’être tout autant, voire plus, pour notre intégrité en tant que femme. Le récit de mon amie Anna m’a touché en plein cœur, car je l’ai découvert pour la première fois pendant mon témoignage.

Elle raconte :

J’ai eu la réflexion d’un garçon un jour qui m’a marquée et
influence encore aujourd’hui mes relations avec les hommes. Je me suis démaquillée et l’ai rejoint pour aller me coucher. Il m’a regardée longuement pendant une minute et m’a dit ” ah, c’est comme ça en fait”. Cette phrase avec le “c’est” et ” en fait” m’a blessée et horrifiée. C’est comme si je n’avais pas été là et que j’étais immonde sans maquillage. Depuis, le réveil avec un homme me met très mal à l’aise car je crains la même réaction. J’évite donc de rester sans maquillage avec un homme, surtout si nous ne sommes pas ensemble depuis longtemps
.

Les hommes penseraient donc que nous avons la même tête au réveil, au même titre que nous n’allons pas non plus aux toilettes ? Il est triste de constater qu’il existe encore de telles attentes et pression des hommes sur nous. Cette blessure, Louise une ancienne camarade de classe de collège, n’a jamais pris le risque de la connaître. En effet, elle me raconte qu’au début de sa relation avec son copain, elle prétextait des “excuses bidons pour aller la première dans la salle de bain au réveil, afin de me maquiller rapidement”.

Des faits qui font écho aux mots de Charles Baudelaire, qui dans son Eloge du maquillage, extrait de son étude “Le Peintre de la Vie Moderne” (publié en 1891), couche sur papier une réalité malheureusement pas si éloignée de la nôtre : “la femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de devoir en s’appliquant à paraître magique et surnaturelle; il faut qu’elle étonne, qu’elle charme; idole, elle doit se dorer pour être adorée. Elle doit donc emprunter à tous les arts les moyens de s’élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer les cœurs et frapper les esprits”.

 Mistinguett au Moulin Rouge
Mistinguett au Moulin Rouge, une des plus grandes chanteuses de la Belle Epoque française connue pour ses coquetteries

Et le complexe devint passion

Au début astuce pour cacher les petits défauts, nombreuses d’entre vous m’ont confié que le maquillage est devenu un véritable allié beauté, une passion. Nancy explique qu’après avoir regardé des centaines de vidéos sur Youtube pour s’embellir, le fait de se maquiller est devenu une routine bien-être dont elle ne pourrait plus se passer. Elle me confie “le fait de me maquiller me rend heureuse”.

Une valeur partagée par mon amie Annabelle qui, même pour passer un dimanche entre filles, va prendre le temps nécessaire pour se maquiller. Forcément, c’est dans ces moments là que je sens la distance entre les team make-up et les autres. Je comprends enfin que cette routine, que je trouve longue et fastidieuse peut en valoir la chandelle. Sentiment de décalage, sensation d’être un peu différente avec mes cheveux et ma peau naturels, sans artifices. 

Tout cela est un apprentissage, un long apprentissage. En effet, la maîtrise de cet art n’est pas innée. Annabelle me confie qu’elle a passé du temps à apprendre en vacances scolaires chez son père, elle s’enfermait dans la salle de bain pour reproduire en boucles les gestes des youtubeuses. Attirée depuis toujours par le monde de la cosmétique, elle se souvient de l’odeur si particulière de cire chaude quand elle rentrait dans un institut de beauté, comment ses premières esthéticiennes étaient soigneusement maquillées et coiffées et qu’elle voulait devenir comme elles.

Une reconversion professionnelle pour laquelle deux de des mes copines ont sauté le pas. Nadège, après avoir enchaîné les postes dans la vente, a décidé après un accident qui a bien failli lui faire perdre la vie, de faire de son métier un métier-passion. Et pour elle, c’était de devenir Make-up artiste spécialisée dans la mode et la beauté. Pour ce faire, il fallait revenir à zéro, tout réapprendre. Pour Julia, avec qui j’ai fait mes études de comm., sa reconversion s’est matérialisée par la création d’une chaîne Youtube, sur laquelle elle fait des tests de produits cosmétiques et des tutos make-up. Elle explique :

On peut penser que le maquillage est superficiel mais c’est surtout un moyen de se sentir bien dans sa peau ou d’être une autre personne. Je pense notamment aux drags queens. Il ne faut pas oublier que le maquillage est un art, il faut voir les oeuvres de certains make up artists, il faut avoir du talent et beaucoup d’imagination pour arriver à ces résultats. Pour moi, passer 1h30 à trouver quel fard je vais utiliser et jouer avec les textures me fait un bien fou.

Ru Paul, probablement la drag queen la plus connue du monde, qui est à la tête de l’émission Ru Paul’s Drag Race mettant en compétition autours de différents concours de mode et beauté, des drags venues du monde entier

Le maquillage-carapace, la meilleure des protections en société

Par définition, le maquillage est une façon de se camoufler, on dit bien “maquiller une scène de crime”. Des autres, mais aussi de soi. Le maquillage qu’on le veuille ou non, est intimement lié à la confiance en soi. “Je me suis jamais sentie mal sans maquillage mais j’aurais du mal à sortir sans. Je me sens mise à nue” comme l’explique  Nancy.

Je me sens bien quand je me maquille”, une phrase que j’ai entendu dans plusieurs témoignages. Notamment celui de Nancy et d’Annabelle, qui apprécient ce rituel beauté, ce moment pour elles pendant lequel elles avouent sans narcissisme “aimer se regarder”, “se faire belles”, mettre de belles couleurs sur leur visage et en prendre soin. Pour elles, c’est une chance d’être une femme et pas un homme pour ça, pour avoir la possibilité de s’embellir, voire carrément de changer les traits de son visage par un simple coup de pinceau. De pouvoir adapter son humeur à un maquillage, d’avoir un look différent.  “Je pense qu’il y a une vraie nuance entre la personne qui ne peut pas sortir sans maquillage, car sinon elle se sent mal dans ses baskets et celle qui peut s’en passer, mais qui ne le fait pas car elle se sent mieux avec“, complète Nancy.

Marie, fraîchement diplômée en ostéopathie, a conscience que cela peut être un outil permettant de se cacher et s’oblige, malgré de récentes poussées d’acné hormonale, à limiter les dégâts tout en restant naturelle, “c’est mon mot d’ordre”. L’acné, un sujet qui a pourri la vie de Louise, que j’ai connue au collège. Elle m’avoue qu’à cette époque, très complexée par son acné d’adolescente, elle ne nous faisait pas la bise et préférait étouffer dans son pull plutôt que de l’enlever, c’était pour ne pas risquer de retirer son fond de teint. 

Caroline, qui disait se maquiller très peu ou seulement pour cacher ses éventuelles marques de fatigue, s’interroge tout de même sur la femme qu’elle serait sans aucun “trompe l’oeil”, et explique l’importance de celui-ci notamment dans le cadre de la séduction :

Quand je veux attirer l’oeil, mon arme fatale c’est mon rouge à lèvres rouge. C’est ce que je mets pour séduire, c’est sensuel le rouge, c’est la passion. Je sais qu’avec cela on me remarque.

 Kim Kardashian
Kim Kardashian pour sa propre marque de cosmétiques KKW Beauty

Ce côté tape-à-l’oeil est aussi un effet recherché par Mathilde, une photographe et influenceuse avec qui je travaille. Elle m’explique qu’elle n’ose pas sortir lorsqu’elle n’est pas maquillée et que lorsque cela lui arrive, elle rase les murs. Alors que maquillée, elle ose plus facilement aller vers les autres. Ce sentiment de force et de courage une fois maquillée est partagé par ma meilleure amie Juliette, qui compare le fait de se maquiller avec le port d’un masque, qui ferait rayonner le meilleur d’elle-même en société :

Je ne me maquille que lorsque je suis en représentation, lors d’une soirée ou lorsque je rencontre des gens pour la première fois par exemple. Et là je mets le paquet : eye liner, mascara, anti-cernes, blush…afin de donner la meilleure image de moi. J’ai alors l’impression d’être moi en mieux et me sens plus forte. 

Même dans le cinéma, la symbolique du maquillage fait référence à notre place et notre rôle dans la société. On se souvient de cette scène de fin symbolique dans “Les Liaisons Dangereuses” de Stephen Friars. Glenn Close campe magistralement le rôle de la Marquise de Merteuil, qui lui a d’ailleurs valu une nomination pour l’Oscar de la Meilleure Actrice en 1989. À la fin du film, toutes les manigances de la Marquises sont enfin dévoilées. En allant au théâtre, elle se fait donc huer par toute la haute-société. Honteuse, elle rentre chez elle et se retrouve face à elle-même, seule et laide. Le maquillage étant un signe visible de la bourgeoisie, le réalisateur a choisi d’imager cette chute du personnage par un démaquillage à la fois lent, triste et pathétique : en enlevant son maquillage, elle perd sa place dans la société et se retrouve détestée de tous, ce qu’elle avait fui toute sa vie.

Annabelle, quant à elle, fait un lien beaucoup plus “feelgood” original en comparant son rapport au maquillage avec son rapport à la nourriture :

L’attention et le soin avec lesquels je choisis les produits que je vais appliquer sur ma peau est le même que je donne à mon corps pour se nourrir, c’est une façon d’en prendre soin.

Le retour au naturel

Mais il y en a qui ont décidé de s’affranchir de ces poids mais aussi de leurs propres peurs face au regard des autres. Et c’est le cas de la chanteuse Alicia Keys qui, en 2016, a lancé une vague no-make up avant de se faire emboîter le pas par plein d’autres célébrités. Sa revendication consistait à se rebeller et à sortir des carcans de la mode et de la beauté imposés notamment dans les médias, au dépend du bien-être de sa peau et de son corps. Elle confiait dans une lettre ouverte publiée sur Lenny, la newsletter féministe de Lena Dunham : “Je veux cultiver ma force intérieure (…) et je me suis promis d’avoir une approche différente des choses par rapport à mon image, et surtout d’accepter le vrai moi et de le laisser transparaître.”

Alicia Keys sans maquillage
Cover de l’album “Here”

S’en est suivie une vague de seilles de stars sans-make-up. Toujours aussi canons (si ce n’est plus que maquillées), elles ont permis à beaucoup de femmes de se libérer de tout cela et au fur et à mesure, d’abandonner leur maquillage. Une vague qui serait arrivée un poil trop tard pour notre génération à l’approche de la trentaine. Nancy appuie mon propos en disant :

 C’est vrai que plus jeune j’aurais aimé pouvoir avoir accès à cette notion de beauté au naturel. Mais si je suis honnête aujourd’hui, je dirais que je suis tiraillée entre ma passion pour le maquillage et mon attrait pour cette notion de beauté au naturel.

Pour se rapprocher de ce Saint Graal de beauté naturelle, cela peut aussi passer par la consommation de maquillage responsable et de produits plus qualitatifs. C’est le cas de Coline, la petite soeur d’Aurore : 

Il y a 3 ans, j’ai revu toute ma routine pour une version plus green. Etant touchée par la maladie de Basedow, je fais une psychose autour de la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits cosmétiques. Du coup, je n’utilise que des produits bio et éco-responsables, et du maquillage cruelty free. J’ai donc automatiquement dit adieu aux marques de grandes surfaces.

Logo Cruelty free and vegan
Logo du mouvement pour les droits des animaux et du label pour les produits ou activités qui ne nuisent, ni ne tuent les animaux partout dans le monde.

Mais le non-maquillage peut parfois être la conséquence de parcours de vie difficiles. Ne plus se maquiller se révèle alors être comme un acte de résistance, de résilience même. Les femmes victimes de violences conjugales arrêtent parfois de se maquiller après être sorties des griffes de leur agresseur, après avoir été habituées à se maquiller pour cacher les marques de coups et blessures. D’autres, ont trop souvent camouflé les ravages d’un cancer par le maquillage qu’elles en gardent un souvenir malheureux. C’est dans le cas de la maladie que Juliette a arrêté le maquillage :

J’ai été gravement malade il y a trois ans. C’est à ce moment-là que j’ai arrêté de me maquiller, quand j’ai commencé à m’accepter moi-même avec mes faiblesses. La traversée de la maladie m’a sûrement appris à m’accepter sans fard.

Photo AFSOS* et Rose association
Photo issue des coulisses de la première Journée « A vos côtés » organisée par La Roche-Posay, en partenariat avec l’AFSOS (Association Francophone des Soins Oncologiques de Support) et Rose association pour les femmes atteintes de cancer.

Pour d’autres, l’arrêt du maquillage résulte parfois d’aucun combat, si ce n’est celui du savant mélange entre flemme, manque de temps et apprentissage de l’amour de soi. C’est le cas d’Héléna, qui me livre ce témoignage très juste :

Je me souviens être rentrée de soirée il y a 5 ans et avoir réalisé que rien ne m’embêtait plus que de me démaquiller. Du coup, j’ai arrêté comme ça, du jour au lendemain. L’avantage n°1, c’est de gagner un temps considérable le matin. Pas besoin de refaire à l’infini mon trait de liner ni d’acheter des cotons-tiges tous les trois jours et la planète me dit merci. L’avantage n°2, non négligeable, c’est que j’accepte ma tête au réveil.  Mais attention, je ne suis pas du tout anti-maquillage, au contraire. Mais je ne manque jamais de dire à mes amies, quand je les vois au naturel, qu’elles sont magnifiques. Une femme belle c’est avant tout une femme qui sait se regarder dans une glace et voir, plutôt que ses défauts, ses atouts. C’est essentiel pour savoir comment se maquiller sans avoir l’air d’un clown triste.

Si on doit dire le mot de la fin, je dirais que si on a toutes un peu commencé à se maquiller pour les autres, aujourd’hui on agit davantage pour notre bien-être, on s’écoute. Et finalement, ce qui important pour la totalité des femmes que j’ai interrogé, ce n’est pas si elles portent ou non du maquillage, c’est qu’elles sont heureuses et ok avec elles-mêmes en en portant ou pas. Et ce n’est pas Marilyn qui me contredirait.