Pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas encore, Maïmouna Doucouré est une scénariste et réalisatrice franco-sénégalaise hyper talentueuse ! Son premier film Maman(s) avait remporté plus de 60 prix à travers le monde, dont le prix international au festival Sundance et le César du meilleur court-métrage. Elle revient cette année avec Mignonnes, dont la sortie en salles est prévue le 19 août. Le film nous fait suivre le parcours d’Amy, une jeune fille de 11 ans tiraillée entre ses deux cultures et entre deux mondes, celui de l’enfance et des adultes. C’est fort probablement la pépite cinématographique qu’il nous fallait pour bien continuer l’été !

Filmer cette transition très délicate de l’enfance à l’âge adulte chez les filles

Le synopsis du film Mignonnes est le suivant :
“Amy, 11 ans, rencontre un groupe de danseuses appelé : « Les Mignonnes ».
Fascinée, elle s’initie à une danse sensuelle, dans l’espoir d’intégrer leur bande et de fuir un bouleversement familial… “

Photo de la réalisatrice Maïmouna Doucouré
Photo de la réalisatrice Maïmouna Doucouré

La réalité est qu’on suit Amy, dans sa vie d’enfant qui grandit trop vite, aussi bien du fait de sa vie familiale, que de l’influence de son groupe de copines. Ce film nous invite grandement à réfléchir à ce qu’en tant qu’adultes, nous faisons dès aujourd’hui pour l’éducation des enfants dans le monde actuel, ce qu’on leur transmet pour les aider à se construire positivement, et pose un regard de l’intérieur aussi sur les difficultés de grandir avec une double culture forte.

Bande-annonce à découvrir ci-dessous :

Bande-annonce du film Mignonnes de Maïmouna Doucouré

“D’une certaine manière, mon personnage, dans “Mignonnes“, est tiraillé entre deux oppressions féminines. Celle que s’inflige sa mère en acceptant la polygamie et une autre qu’elle trouve en allant à la recherche d’une supposée liberté, dans laquelle elle se perd.”

Maïmouna Doucouré

C’est aussi un film qui de toute évidence interroge sur la représentation du féminin et de son corps dans la société. En regardant la bande-annonce, on comprend vite la volonté de la réalisatrice de montrer que l’ultra-sexualisation constante du corps des femmes, boostée d’autant plus aujourd’hui par les réseaux sociaux et la quête du like, influence évidemment la construction des filles dans l’adolescence. Un article Mediapart nous apprenait d’ailleurs récemment qu’Instagram montre davantage aux abonné-es les photos de personnes dénudées, incitant donc sournoisement à se vêtir le moins possible pour gagner en visibilité. Pour illustrer ces influences qui jouent dans l’appropriation de leur corps par les jeunes filles, Maïmouna Doucouré a choisi d’utiliser la danse, qui permet l’expression des corps et de symboliser le regard entier que la société porte sur eux et leur impose.

“Bien sûr, ces très jeunes filles ne se rendent pas compte du message qu’elles renvoient en dansant et s’exposant ainsi. De mon point de vue, l’attitude provocante de certaines, qui ont l’air émancipé, est liée à un besoin d’amour. Les réseaux sociaux viennent compliquer la donne, car chaque « like » reçu engendre une décharge de dopamine et a contrario, l’absence de plébiscite suscite une baisse de l’estime de soi. Tout cela est préoccupant, et nous sommes tous impliqués par ces mécanismes aujourd’hui.”

Maïmouna Doucouré
Extrait du film Mignonnes de Maïmouna Doucouré

C’est un film à voir sans aucun doute et le jeu des actrices, aussi bien enfants qu’adultes a l’air incroyable ! On se donne donc rendez-vous en salles dès le 19 août pour voir Mignonnes.

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.