Le weekend du Sidaction a lieu du 26 au 28 mars 2021 et pour l’occasion, l’association Sidaction qui est engagée pour les personnes vivant avec le VIH, a sondé avec l’Ifop les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Il en ressort que la baisse du sentiment d’information sur le VIH/sida s’accélère, un mouvement accentué par l’isolement lié à la crise sanitaire du Covid-19 et d’un déficit d’information général sur ce sujet crucial de santé sexuelle.

Dégradation des connaissances et désinformations

Seuls 51% des sondés s’estiment bien informés sur les lieux où aller se faire dépister,
une diminution de 20 points par rapport à 2014. « L’érosion déjà constatée l’an passé se poursuit, nous atteignons le score le plus bas depuis notre premier sondage en 2009. » observe Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Les idées reçues et les fausses informations liées au virus du sida augmentent de manière inquiétante :

  • 24% des 15-24 ans pensent que le virus du sida peut se transmettre en embrassant une personne séropositive
  • 23% d’entre eux (contre 15% en 2020) estiment que le VIH se transmet en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques
  • 18% pensent que le VIH se transmet en buvant dans le verre d’une personne séropositive. soit une augmentation de 9 points en 2020.
  • 25 % considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida
  • 20% estiment encore que la pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission du virus

Rappelons que le VIH se transmet :

  • par pénétration (anale ou vaginale) lors d’un rapport sexuel
  • par transfusion sanguine, par le partage d’aiguilles contaminées dans les établissements de soin et chez les toxicomanes,
  • mais aussi de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement.

À retenir : VIH signifie virus de l’immunodéficience humaine. C’est un rétrovirus qui infecte les cellules du système immunitaire de l’être humain. L’abréviation sida signifie syndrome d’immunodéficience acquise. Elle décrit l’ensemble des symptômes et des infections liés à une déficience acquise du système immunitaire. Il a été prouvé que le sida est la phase finale d’une contamination au VIH.

Des traitements existent-ils ?

En termes de traitement, il existe le traitement préventif post-exposition (PPE) qui combine des médicaments, des tests en laboratoire et des conseils. Le traitement PPE doit commencer quelques heures après une exposition potentielle au VIH et dure quatre semaines environ. Après l’exposition potentielle au VIH, actuellement on considère qu’une prise rapide des médicaments entre 2h et 72h après l’exposition peut empêcher l’infection au VIH.1 https://www.unaids.org/fr/frequently-asked-questions-about-hiv-and-aids#:~:text=Le%20VIH%20se%20transmet%20par,accouchement%20et%20de%20l’allaitement. Mais rappelons qu’il n’est pas possible de soigner le VIH actuellement.

Des médicaments antirétroviraux sont utilisés pour traiter l’infection au VIH, qui permettent de bloquer la prolifération du VIH dans l’organisme. Ainsi une personne suivant une thérapie antirétrovirale efficace n’est plus infectieuse.

Le VIH est invisibilisé par la Covid-19 et semble ne plus exister pour les jeunes

« Peu de sujets émergent et sont traités en dehors de la COVID-19, qui impose sa cadence et prend toute la place médiatique. La question du VIH/sida, déjà peu visible avant la crise sanitaire, est encore plus absente des radars médiatiques » explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. La crise sanitaire a causé une chute du dépistage du VIH et un risque de reprise de cette épidémie.

41% des sondés estiment qu’il y a de moins en moins de contamination chez les 15-24 ans, or cette tranche représente 13% des nouvelles découvertes de séropositivité en 2019 ! De plus, seules 34% des personnes interrogées déclarent avoir utilisé systématiquement un préservatif lors d’un rapport sexuel (-9 points par rapport à 2020). Se sentiraient-ils invincibles face au virus du sida ? Sidaction parle ainsi de “syndrome du super héros”.

« La lutte contre l’épidémie de coronavirus ne peut pas en éclipser une autre. Il est urgent de reprendre les actions de prévention et de sensibilisation au VIH/sida et à la santé sexuelle auprès des 15-24 ans, et éviter ainsi une aggravation de l’épidémie de VIH parmi les jeunes »

Florence thune, directrice générale de Sidaction

Il faut noter que 23% n’ont jamais bénéficié d’un enseignement ou d’un moment d’information spécifique sur le
VIH au cours de leur scolarité, en constant augmentation depuis plus de 10 ans (+ 10 points en 5 ans).

Pour plus d’informations sur le VIH/Sida, sur l’association Sidaction et pour faire un don, rendez-vous sur le site http://sidaction.org/.

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.