On vous invite à regarder de toute urgence l’enquête réalisée par M6 sur le rapport à la sexualité des ados « Ados et Sexualité, quels dangers les guettent ? » (lien à la fin de l’article). Cet excellent reportage de 2h, ouvre la fenêtre sur l’influence effroyable des réseaux sociaux et de l’accès à la pornographie sur les adolescent-es. Et le constat alarmant des psys, des adultes engagés dans la protection de l’enfance et des adolescents et des parents, globalement démunis face au phénomène.

Hypersexualisation et pornographie à outrance

Hypersexualisation banalisée sur Tiktok (surtout orientée vers les jeunes filles), envoi de nudes (un nude est une photo de soi-même qu’on prend avec son smartphone, en étant nu ou partiellement dénudé.) au bout de seulement 2-3 jours de séduction sur Insta, Snap ou Tiktok, addiction à la pornographie qui peut commencer dès l’âge de 11-12 ans. Le porno est de plus en plus vu comme un support d’éducation sexuelle. Il est donc temps de tous se responsabiliser sur l’éducation sexuelle en osant parler pornographie avec les ados, pour éviter de les laisser absorber ces images sans distance.

On constate avec inquiétude une totale impunité des sites pornos gratuits, sachant que le business mondial du porno représente plus de 5 milliards de dollars, cachés essentiellement dans les paradis fiscaux. Mais aussi d’une appli comme Tiktok, qui laisse régulièrement des ados mineures se mettre en scène sexuellement sous couvert de « challenges » encouragés par la plateforme. Et avec les choix volontaires de leurs algorithmes de mettre en avant certains types de contenus, cela crée une compétition de l’attention, poussant les jeunes filles (et aussi des jeunes garçons) à constamment repousser les limites de la nudité et de la sexualisation publique.

Sextorsion, revenge porn, cyberharcèlement sexuel et « fisha »

Il est devenu coutume pour de nombreuses adolescentes de subir de la sextorsion : extorsion via Internet de faveurs sexuelles, en faisant du chantage pour recevoir des nudes. Le revenge porn est devenu de plus en plus fréquent avec une grosse prédominance de garçons et hommes coupables et de jeunes filles coupables : il s’agit de diffuser des images de nus ou à caractère sexuel sans l’autorisation de la personne qui apparaît sur ces images. Peu importe que la personne représentée ait donné l’autorisation de créer ces images ou qu’elle les ait créées elle-même ; dès lors que cette personne n’a pas donné l’autorisation de montrer ou de diffuser ces images, il est question de revenge porn, comme défini par L’institut pour l’égalité des femmes et des hommes en Belgique. 1 https://igvm-iefh.belgium.be/fr/activites/violence/revenge_porn On utilise le mot « revenge » (vengeance), mais en réalité il s’agit surtout d’humilier les victimes, de « s’amuser » à leur pourrir la vie, de les faire taire sur un sujet, voire de leur extorquer de l’argent.

On apprend également que lors du premier confinement 2020, il y a eu émergence d’un revenge porn de masse organisé appelé « Fisha » (verlan du mot « affiche ») : des comptes organisés par ville/région/établissement scolaire, qui affichent les nudes de filles qui sont souvent des ex copines, avec leurs infos personnelles, en incitant d’autres mecs à partager les photos qu’ils ont. Ce sont des raids sexistes qui violentent de jeunes filles, peuvent ruiner leurs études, leur réputation, leur santé et dans certains cas les pousser au suicide.

Heureusement, il existe des initiatives pour tenter d’enrayer tous ces phénomènes, même si leur pouvoir reste encore trop limité. En voici quelques-uns mentionnés dans le reportage :
– Les jeunes fondatrices de l’association StopFisha ont déjà réussi à fermer plus de 850 comptes Fisha.
– Il existe la plateforme Pharos pour faire des signalements à la Police Nationale française.
– Le numéro national pour les enfants et parents qui souhaitent dénoncer le cyberharcèlement mineur est le 3018 (e-Enfance)

Rappelons pour finir que diffuser un nude sans le consentement de la personne en photo est passible de 2 ans de prison et 60 000€ d’amende, et 7 ans de prison et 100 000€ d’amende si la personne est mineure.

Pour voir le replay c’est à ce lien : Ados et Sexualité, quels dangers les guettent ?

Les chiennes ne font pas les chattes. J'oscille entre les deux.