Difficile de penser qu’il est encore utile et nécessaire d’aborder les sujets que Julia Palombe aborde dans son spectacle : être mère c’est dur, pas glamour, énervant, fatiguant, drôle aussi. Mais le spectacle Post-Partum est fait pour déculpabiliser les parents ou futurs parents en partageant pendant un peu plus d’une heure une vision bien plus réaliste et humaine de la maternité. 

Alors que la salle se remplit progressivement, Julia est déjà sur scène et se consacre à sa petite routine “typique” de mère au foyer : tenue satinée rose sur body noir ultra sexy, talons hauts et collant en résille, clope au bec à servir des verres de vin rouge au public des premiers rangs. Le ton est donné : ici, c’est du théâtre mais on va se parler sans jouer la comédie. 

Coup de projecteur sur la parentalité, y compris celle que l’on tait

Moi qui n’ai pas d’enfant, je peux constater de l’extérieur que certains sujets sont régulièrement abordés : l’école et les copains, la logistique des vacances, les enfants diagnostiqués “haut potentiel”. D’ailleurs, l’évolution des médias permet de couvrir de plus en plus de sujets. Mais je constate également que d’autres sujets ne sont quasi jamais évoqués.

Mais en attendant que l’on puisse parler de tout, et pour tous ces autres sujets qui envahissent les jeunes parents sans que l’on en parle : il y a Julia Palombe et son Post-partum show. 

La comédienne nous met à l’aise d’entrée de jeu, en s’adressant frontalement à son public : “Ne me dites pas que vous n’avez jamais voulu jeter votre enfant par la fenêtre ?” 

Liberté, égalité, priorité, Julia transforme la salle en confessionnal d’un autre temps, où les parents peuvent exprimer leurs pensées les plus profondes mais aussi les plus tabous. Elle lit la conversation WhatsApp du groupe « Parents épuisés » pour nous plonger dans les différentes facettes de cette nouvelle vie. “Je suis très heureuse d’être mère, mais c’est une joie interne”, voilà comment Julia résume parfaitement la tension existante entre le désir d’être parent et toutes les galères qui vont avec, entre la solitude du nouveau parent qui souffre d’un manque de solitude. 

Evidemment les écarts entre l’expérience de mère et celle du père n’est pas épargnée. Les hommes sont gentiment moqués pour illustrer qu’ils sont globalement “un peu à la traîne”. Mais le spectacle ne bascule jamais dans le procès d’intention. Puisque tout le monde est embarqué dans la galère de la parentalité, l’humour et les vannes servent à se serrer les coudes et à créer de la complicité face à l’adversité. 

Une artiste inclassable pour un sujet hors norme

Alors oui, il est plus admis et courant de parler des difficultés d’être parent que ce n’était le cas pour toutes les autres générations avant. Mais au final, les jeunes parents sont rarement aussi bien compris et libérés de leur culpabilité qu’à travers ce spectacle décomplexant. 

Julia est une artiste accomplie et met tous ses arts au service de cette cause : elle danse, elle chante, elle joue du ukulélé en récitant des paroles caustiques et justes : “Suis-je une mère indigne ?” ou encore “Il y a longtemps que je baise, jamais je ne m’arrêterai”.

Après En attendant l’accouchement, Julia Palombe renouvelle l’exploit d’un spectacle sur son expérience personnelle mais abordant des sujets qui devraient être universels, en habitant la scène et la salle de son charisme et de sa silhouette de danseuse bruyante et brillante. 

Le Post-Partum Shom se joue tous les jeudis à 21h au Théâtre de La Divine Comédie jusqu’au 30 Juin (sauf vacances scolaires et pont du 26.05) 

GRATUIT POUR LES FEMMES ENCEINTES : il suffit d’envoyer un mail à la prod en indiquant la date souhaitée: production@aytproductions.fr 

Lien billetterie : https://www.billetreduc.com/284313/evt.htm

De Despentes à Liv Stromquist, mes influences me poussent à ne rien prendre pour acquis et à toujours remettre en question ce qui est considéré comme beau, excitant et source de plaisir.